Le préambule des Workaholiques Anonymes

Workaholiques Anonymes est une association de personnes qui partagent leur expérience, leur force et leur espoir dans le but de résoudre leur problème commun et d'aider d'autres travailleurs compulsifs à se rétablir. La seule condition pour être membre est le désir d’arrêter de travailler compulsivement. Il n’y a ni droits, ni frais à acquitter pour être membre des W.A.; nous nous finançons par nos propres contributions. W.A. n’est associé à aucune secte, parti politique, confession ou institution, ne s’engage dans aucune controverse, ne cautionne ni ne s'oppose à aucune cause. Notre but premier est d'arrêter de travailler compulsivement et de transmettre le message de rétablissement aux travailleurs compulsifs qui souffrent encore.

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Les vingt questions

  • Êtes-vous plus attiré par votre travail ou l’activité que par les relations intimes, le repos, etc. ?
  • Y a-t-il des moments où vous vous sentez motivé ou poussé à faire des tâches même si vous n’en avez pas envie, et d'autres moments où vous procrastinez et évitez ces tâches alors que vous préféreriez qu’elles soient faites ?
  • Apportez-vous votre travail au lit ? Durant les week-ends ? En vacances ?
  • Êtes-vous plus à l'aise de parler de votre travail plutôt que d'autres sujets ?
  • Vous arrive-t-il de passer des nuits blanches à travailler ?
  • En voulez-vous à votre travail ou aux personnes sur votre lieu de travail de vous mettre autant de pression ?
  • Évitez-vous l’intimité avec les autres ou avec vous-même ?
  • Résistez-vous à prendre du repos quand vous êtes fatigué, et utilisez-vous des stimulants pour rester éveillé plus longtemps ?
  • Acceptez-vous du travail ou du bénévolat supplémentaires parce que vous craignez que les choses n’avancent pas autrement ?
  • Vous arrive-t-il régulièrement de sous-estimer le temps nécessaire pour accomplir une tâche, et de devoir ensuite vous dépêcher pour la terminer ?
  • Vous plongez-vous dans l’activité pour changer ce que vous ressentez ou pour éviter le chagrin, l’anxiété ou la honte ?
  • Êtes-vous impatient avec les personnes qui ont d'autres priorités que le travail ?
  • Craignez-vous de perdre votre emploi ou d’être un raté, si vous ne travaillez pas dur sans arrêt ?
  • Craignez-vous le succès, l'échec, la critique, l'épuisement professionnel, l'insécurité financière ou le manque de temps ?
  • Essayez-vous d'effectuer plusieurs tâches à la fois pour en accomplir davantage ?
  • Êtes-vous irrité si quelqu’un vous demande d'arrêter ce que vous faites et de faire autre chose ?
  • Vos longues heures de travail ont-elles nui à votre santé ou à vos relations ?
  • Pensez-vous à votre travail ou à d'autres tâches en conduisant, en discutant, en vous endormant ou pendant votre sommeil ?
  • Vous sentez-vous agité quand vous êtes inactif, ou désespéré de trouver un jour l'équilibre ?
  • Vous sentez-vous esclave de vos courriels, textos ou autres technologies ?

Trois réponses affirmatives ou plus indiquent qu’il peut y avoir un problème de dépendance au travail. Après avoir examiné attentivement les questions et vos réponses, et peut-être parlé avec votre famille et vos amis, le problème peut apparaître plus clairement. La plupart d’entre nous ont été lents à comprendre l’ampleur des dommages de leurs comportements de longue date. Le rétablissement a commencé quand nous avons vu nos schémas destructeurs comme partie intégrante d'une puissante dépendance échappant à notre contrôle. La prise de conscience et l’acceptation ouvrent la porte à des solutions possibles.

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Caractéristiques des travailleurs compulsifs 

  • Il nous est très difficile de nous détendre. Nous sentons souvent, si ce n’est toujours, le besoin d’effectuer juste quelques tâches additionnelles avant de pouvoir nous considérer satisfaits et nous accorder une pause. Une fois notre liste de choses à faire complétée, nous trouvons encore quelque chose à faire. Ces pulsions incontrôlables aboutissent souvent au multitâche frénétique et à la dispersion de l’attention qui en découle. Nous fonctionnons sur le mode « mini-crises » pour fuir nos problèmes essentiels. Notre incapacité à ralentir nous conduit à la dépression et à l’épuisement, tout en nous privant de la joie de conclure et de nous reposer.
  • Nombre d’entre nous ont grandi dans un foyer chaotique où le stress et l’intensité d’un pic d’adrénaline étaient choses normales. Nous recherchons donc un milieu de travail aux conditions similaires ou créons des crises là où il n’y en n’a pas : c’est ce qui nous est familier et confortable. Sans problème à résoudre, nous sentons un manque, devenons anxieux et déprimés. De tels changements d’humeur détruisent la paix d’esprit.
  • Nous avons le désir obsessif de donner un sens à tout, y compris à chacune de nos pensées et de nos émotions. Nous ne pouvons pas nous permettre de vivre ce qui est hors de notre contrôle. Nous éprouvons une peur sous-jacente de devenir fous pour le reste de notre vie, si nous nous abandonnons et permettons à nos émotions d’émerger.
  • Nous sommes tellement habitués à faire ce qu’on attend de nous que nous sommes souvent incapables de savoir ce dont nous avons réellement envie et besoin de faire pour nous-mêmes. Nous nous sabotons en acquiesçant aux demandes de personnes que nous percevons comme « en position d’autorité ».
  • Nous avons souvent l’impression de devoir achever certaines tâches même si nous n’en avons pas envie, mais nous avons trop peur pour arrêter. Nous éprouvons du ressentiment envers ce que nous percevons comme des forces extérieures, en nous disant que si nous étions libres, nous choisirions de nous détendre ou de nous amuser. Dans ces moments-là, nous procrastinons souvent en nous apitoyant mais aussi en nous condamnant pour notre manque de discipline. Nous n’arrivons pas à nous concentrer mais refusons pourtant de lâcher prise un seul instant pour nous accorder l’espace dont nous avons besoin.
  • Notre estime personnelle repose largement sur le jugement des autres par rapport à notre performance au travail et dans d’autres domaines. Par conséquent, l’image que nous avons de nous-mêmes est extrêmement instable. Nous nous considérons souvent soit comme la personne la plus intelligente et la plus capable, soit comme la pire et la plus désespérante. Il nous est difficile de nous voir honnêtement et d’accepter la réalité, alors que nous essayons toujours de voir à travers le regard des autres au lieu de nous fier à notre propre jugement. Nous nous jetons frénétiquement dans le travail excessif avec l’illusion d’avoir besoin de gagner les éloges de nos collègues et patrons pour être en sécurité et heureux.
  • Quand nous nous jugeons, nous ne considérons généralement que nos réalisations concrètes, croyant devoir toujours être en train d’accomplir quelque chose d’utile pour nous sentir bien.  Il nous est difficile de nous aimer et de nous accepter autrement. Notre travail est devenu une identité et un moyen de justifier notre existence.
  • Nous avons l’illusion que les gens ne nous respecteront que si nous paraissons plus compétents que nous ne le sommes réellement. Quand les gens nous félicitent, nous sommes portés à nous discréditer comme si nous étions indignes de leurs compliments. Nous avons tendance à surcharger notre horaire pour essayer d’en faire plus et plus vite. Nous sommes souvent malhonnêtes au sujet de nos expériences passées et de nos capacités actuelles, en taisant nos échecs et en exagérant nos succès. Nous pensons qu’en ayant l’air occupés nous paraîtrons importants aux yeux des autres et gagnerons ainsi leur admiration.
  • Nous sommes perfectionnistes. Nous n’acceptons pas les erreurs comme faisant partie de la nature humaine et trouvons difficile de demander de l’aide. Nous pensons que personne ne peut faire les choses à notre goût et que nous sommes indispensables, alors nous avons du mal à déléguer et faisons plus que notre part. Nos attentes irréalistes nous empêchent souvent d’être satisfaits. Nous ne voyons pas la différence entre le travail imposé de l’extérieur et la pression que nous-mêmes nous imposons.
  • Nous avons tendance à être trop sérieux et hyper-responsables. Toute activité doit avoir un but. Nous nous sentons coupables et tourmentés quand nous ne faisons pas quelque chose de « productif ». Puisque nous transformons le jeu en travail, nous avons rarement des loisirs. Nous négligeons le sens de l’humour et ne profitons pas du pouvoir thérapeutique du rire.
  • Nous utilisons notre compulsion pour faire face à l’insécurité. Nous restons éveillés dans le lit à nous inquiéter. Nous planifions et organisons de manière compulsive. En ne voulant pas lâcher prise, nous perdons la capacité d’être spontané, flexible et créatif. Nous ne pouvons ressentir la joie.
  • Il nous est difficile d’attendre. Nous nous intéressons plus au résultat qu’au processus, à la quantité qu’à la qualité. Notre impatience sabote souvent notre travail car nous n’y allouons pas le temps nécessaire.
  • Nous sommes dans le déni face à certains aspects de notre travail et de nos activités. Nous mentons aux autres comme à nous-mêmes sur la quantité de travail que nous faisons. Souvent inconsciemment, nous accumulons les projets pour nous assurer d’être toujours occupés et de ne jamais nous ennuyer. Nous craignons le temps libre et les pauses, et les vacances nous semblent souvent pénibles plutôt que reposantes.
  • Même quand nous ne travaillons pas, nous pensons à la prochaine tâche. La plupart de nos activités sont liées au travail. Nous négligeons la spiritualité, la santé et les relations humaines. Nous nous refusons les bienfaits d’une vie équilibrée et variée.
  • Au lieu d’un havre de paix, notre maison est une extension de notre lieu de travail. La famille et les amis s’efforcent de s’adapter à nos horaires, espérant en vain que nous terminerons nos tâches et passerons enfin plus de temps avec eux.

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Notre méthode 

Nous, travailleurs compulsifs, avons découvert qu'aucune volonté ou détermination ne réussit à nous faire respecter à long terme un emploi du temps raisonnable. Nous avons constaté que nos propres forces, valables jusqu’à un certain point, nous font défaut en étant insuffisantes. Certains d’entre nous ont déjà eu confiance en eux, mais cela n'a pas résolu complètement leur problème de travail, ni leurs autres problèmes. Nous avons senti un besoin et cherché une solution à cette pierre d’achoppement. Nous avons compris que notre obsession du travail n'est que la manifestation extérieure de notre trouble émotionnel intérieur et de notre déconnexion spirituelle fondamentale.

Nous, qui nous rétablissons des conséquences destructrices de la dépendance au travail, comprenons, comme peut-être peu de gens le peuvent, la peur, la dépression, l'anxiété et la solitude du travailleur compulsif. Nous apprenons que l’euphorie obtenue des éloges exprimés par les autres, le sentiment de sécurité issu du fait d’éviter ou d’accomplir certaines tâches, et le chaos engendré par l’activité frénétique, sont tous des moyens que nous utilisons pour faire face à la réalité de ne pouvoir contrôler complètement notre vie ou notre expérience de celle-ci. Nous apprenons que nous ne ferons ou n'accumulerons jamais assez pour nous sentir vraiment bien. La dépendance au travail est une maladie qui ne se guérit ni par le statut ni par l’argent, et comme toutes les autres addictions, elle est progressive et fatale si elle n’est pas stoppée.

Nous apprenons également que le rétablissement est possible. Nous commençons par observer et établir nos ‘’Objectifs de base’’ personnels. Le travail compulsif ne se prête pas à l'abstinence complète comme c’est le cas pour de nombreuses addictions à des substances, mais avec l'aide d'une Puissance supérieure, nous pouvons commencer à reconnaître les moments où nous utilisons le travail de façon compulsive. Nous pouvons alors nous arrêter et prier, ou appeler un membre W.A. pour du soutien quand nous sommes tentés de revenir à nos anciens schémas de comportement. Nous expérimentons le rétablissement grâce au programme W.A.

Nos histoires décrivent comment était notre vie dans la dépendance active, comment nous avons trouvé le rétablissement, et ce qui a changé depuis que nous avons commencé à travailler le programme W.A. Nous espérons que vous déciderez de vouloir ce que nous avons et que vous serez prêts à parcourir les Étapes nécessaires afin de l'obtenir pour vous-même. Nous savons maintenant que nous avons affaire à une obsession vouée à nous submerger si nous ne demandons pas d'aide. Les demi-mesures ne nous ont rien donné, mais nous nous sommes rétablis lorsque nous nous sommes abandonnés complètement à quelque chose de plus grand que nous.

Travailler les Étapes avec un parrain/une marraine requiert une somme de temps et d’efforts variable. Nous pouvons créer des réunions d’Étapes pour en discuter et des groupes d’Étapes pour les travailler activement ensemble. Nous pouvons revoir certaines Étapes et leur trouver un nouveau sens. En fin de compte, nous constatons que nous les pratiquons mieux en les intégrant pleinement dans notre vie.

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Les Douze Étapes des Workaholiques Anonymes 

  1. Nous avons admis que nous étions impuissants devant le travail, que nous avions perdu la maîtrise de nos vies.
  2. Nous en sommes venus à croire qu'une Puissance supérieure à nous-mêmes pouvait nous rendre la raison.
  3. Nous avons décidé de confier notre volonté et notre vie au soin de Dieu tel que nous Le concevions.
  4. Nous avons procédé sans crainte à un inventaire moral, approfondi de nous-mêmes.
  5. Nous avons avoué à Dieu, à nous-mêmes et à un autre être humain la nature exacte de nos torts.
  6. Nous avons pleinement consenti à ce que Dieu élimine tous ces défauts de caractère.
  7. Nous Lui avons humblement demandé de faire disparaître nos défauts.
  8. Nous avons dressé une liste de toutes les personnes que nous avions lésées et nous avons consenti à réparer nos torts envers chacune d’elles.
  9. Nous avons réparé nos torts directement envers ces personnes, partout où c'était possible, sauf lorsqu'en ce faisant, nous pouvions leur nuire ou de nuire à d'autres.
  10. Nous avons poursuivi notre inventaire personnel et promptement admis nos torts dès que nous nous en sommes aperçus.
  11. Nous avons cherché par la prière et la méditation à améliorer notre contact conscient avec Dieu, tel que nous Le concevions, Lui demandant seulement de connaître Sa volonté à notre égard et de nous donner la force de l'exécuter.
  12. Ayant connu un réveil spirituel comme résultat de ces Étapes, nous avons alors essayé de transmettre ce message à d'autres travailleurs compulsifs et de mettre en pratique ces principes dans tous les domaines de notre vie.

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Les Douze Traditions des Workaholiques Anonymes

  1. Notre bien-être commun devrait venir en premier lieu, le rétablissement personnel dépend de l'unité des W.A.
  2. Pour le bénéfice de notre groupe, il n'existe qu'une seule autorité ultime : un Dieu d'amour tel qu'il peut se manifester dans la conscience de notre groupe. Nos chefs ne sont que des serviteurs de confiance, ils ne gouvernent pas.
  3. La seule condition requise pour l’adhésion à W.A. est le désir d'arrêter de travailler compulsivement.
  4. Chaque groupe devrait être autonome sauf sur les points qui touchent d'autres groupes ou W.A. dans son ensemble.
  5. Chaque groupe n'a qu'un but primordial, transmettre son message au travailleur compulsif qui souffre encore.
  6. Un groupe W.A. ne doit jamais endosser, financer ou prêter le nom de W.A. à des groupements connexes ou des organisations étrangères, de peur que des soucis d'argent, de propriété ou de prestige ne nous distraient de notre but premier.
  7. Chaque groupe W.A. devrait subvenir entièrement à ses besoins et refuser les contributions de l'extérieur.
  8. W.A. devrait toujours demeurer non professionnel, mais nos centres de service peuvent engager des employés qualifiés.
  9. W.A. comme tel, ne devrait jamais être organisé, néanmoins nous pouvons constituer des conseils ou des comités de service directement responsables envers ceux qu'ils servent.
  10. W.A. n'exprime aucune opinion sur des sujets étrangers, par conséquent le nom des W.A. ne doit jamais être mêlé à des controverses publiques.
  11. La politique de nos relations publiques est basée sur l'attrait plutôt que sur la réclame, nous devons toujours garder l'anonymat personnel au niveau de la presse, de la radio et du cinéma.
  12. L'anonymat est la base spirituelle de toutes nos traditions et nous rappelle toujours de placer les principes au-dessus des personnalités.

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Les Outils et les Principes du Rétablissement 

Les réunions

Nous assistons aux réunions de W.A. pour apprendre comment fonctionne la fraternité, pour nous rappeler le chemin parcouru dans le rétablissement, et pour partager notre expérience, notre force et notre espoir avec d'autres membres W.A.

Téléphone et Internet

Nous cherchons à rester en contact avec d'autres membres W.A. entre les réunions pour un soutien mutuel, en particulier avant et après des tâches critiques.

Le parrainage/marrainage

Nous trouvons un membre W.A. engagé dans l’abstinence du travail compulsif, pour nous aider à travailler les Étapes, les Traditions et les Outils. Les parrains/marraines nous accompagnent au cours du processus de rétablissement aux trois niveaux: physique, émotionnel et spirituel. Un membre peut travailler avec plus d'un parrain ou d’une marraine et peut choisir de changer de parrain/marraine. Devenir parrain/marraine est une façon de transmettre le message et de mettre en pratique la 12e étape et les principes du programme. Nous demandons à être parrainés/marrainés afin de pouvoir bénéficier de l'expérience de quelqu'un qui est arrivé là où nous voulons aller. W.A. est un programme d'attrait, alors nous trouvons un parrain/une marraine dont le rétablissement nous inspire et nous suivons son exemple. Un accord de coparrainage/comarrainage est parfois l'approche la plus pratique ou souhaitable : de nombreux travailleurs compulsifs ont démarré ou approfondi leur rétablissement de cette manière.

Les publications

La lecture quotidienne des publications W.A. nous révèle la vérité à notre sujet et élargit nos horizons. Nous y trouvons des informations, de l'inspiration et de l'espoir. Ces textes sont accessibles quand les membres W.A. ne le sont pas. De plus, ils fournissent un panorama des connaissances sur le rétablissement à partir de sources multiples. Nous étudions également les publications des A.A. et d’autres programmes en Douze Étapes pour renforcer notre compréhension de la maladie compulsive. Nous pouvons nous reconnaître dans de nombreuses situations décrites en remplaçant le nom des substances et comportements mentionnés par des termes comme « travail compulsif ».

La prière et la méditation

Nous pouvons installer au quotidien la pratique de la méditation, avant même d'arriver à la Onzième Étape. Avant d'accepter de nouveaux engagements, nous demandons à une Puissance supérieure de nous éclairer. Pour beaucoup d'entre nous, être immobile et s’asseoir calmement peut être difficile et douloureux au début. La pratique du lâcher prise face au discours continu dans notre tête peut cependant mener progressivement à une tranquillité d'esprit. Cette sérénité est un contraste apaisant et thérapeutique comparativement à l'intensité recherchée par notre activité compulsive et notre inquiétude constante. La méditation permet de nous couper des peurs et des ressentiments qui alimentent la procrastination et le workaholisme. Régénérés, nous sommes en mesure de revenir à notre vie quotidienne de façon équilibrée.

L'écriture

Tenir un journal sert à clarifier nos pensées et nous aide à trouver l’origine des sentiments qui se cachent derrière notre travail compulsif. Comme la lecture et la méditation, mettre nos idées sur papier peut être une alternative quand il n’y a pas de membre W.A. disponible pour nous écouter. En outre, nous pouvons nous exprimer plus librement si nous n'avons pas à tenir compte d’un auditeur. Parfois, le simple fait de noter des idées ou des souvenirs qui nous semblent importants peut nous aider à calmer notre esprit en nous assurant qu’ils ne seront pas oubliés et que nous pourrons y revenir à tout moment. Les écrits peuvent aussi être partagés avec d'autres membres si nous le désirons.

Objectifs Optimaux et Objectifs de Base

Pour plusieurs travailleurs compulsifs, l'abstinence signifie bien plus que d’être soulagés de l'activité et du travail compulsifs au niveau physique. Elle signifie également une attitude qui résulte de l'abandon à quelque chose de plus grand que soi. Nous ne nous contentons pas d'éviter le travail, en prenant le manque d'activité pour du rétablissement. Nous aspirons à nous libérer de la pensée et de l'inquiétude compulsives. Chacun de nous est libre de déterminer sa manière d'être abstinent en fonction de ses préférences et besoins personnels. Les Objectifs optimaux représentent nos objectifs et nos visions, et les Objectifs de base définissent le seuil au-delà duquel nous passons de l'abstinence à la dépendance au travail. Nous travaillons avec un parrain/une marraine pour établir cette frontière et un comportement qui correspond à chaque objectif de base. Pour plus d'informations sur la définition des Objectifs optimaux et Objectifs de base, consultez le dépliant L’abstinence dans Workaholiques Anonymes: les Objectifs Optimaux et les Objectifs de Base, qui est reproduit dans la section « Ressources supplémentaires » de ce livre.

(La traduction est en cours)

Le plan d’action

Chaque jour, nous mettons sur papier ce que nous avons l'intention de faire. Nous demeurons conscients de la façon dont nous employons notre temps, pour nous assurer d’être en mesure de prendre soin de notre corps avec une alimentation saine, de l’exercice approprié et un sommeil suffisant. Nous réservons des espaces dans notre horaire pour le rétablissement, les loisirs et les relations, en plus du travail et des autres activités. Cela nous aide à développer un mode de vie plus sain et plus équilibré, en autant que nous nous engagions également à faire une chose à la fois et à nous fixer un rythme raisonnable. Notre conscience aiguisée nous aidera à surmonter tout déni qui subsiste. Si nous avons du mal à respecter nos objectifs, les partager avec un autre membre W.A. nous donne l'occasion d'exprimer des sentiments qui sont souvent à l'origine de notre comportement compulsif. Si nécessaire, nous demandons conseil pour déterminer quelles choses sont à faire en premier. Ce peut être : ne rien faire. Nous nous efforçons de rester flexibles face aux événements, réorganisant nos priorités au besoin. Nous n'entassons pas de nouvelles tâches dans notre horaire; nous en substituons plutôt, à des activités qui demandent l’énergie et le temps équivalents. Nous planifions plus de temps qu’il n’en faut, nous allouant ainsi un délai suffisant pour faire face aux imprévus. Nous considérons les interruptions et les incidents comme des occasions de croissance.

Nous réalisons que nous sommes là où l’a prévu notre Puissance supérieure, dans l’ici et maintenant.

Le repos et la détente

Nous travaillons à un rythme confortable et nous reposons avant d’être fatigués. Nous vérifions notre niveau d'énergie avant de passer à l’activité suivante. Nous évitons d’être tendus et n'avons donc pas à nous détendre. Nous ne cédons pas à la pression des autres et ne faisons pas pression sur eux. Nous restons attentifs aux personnes et aux situations qui déclenchent des sensations de stress. Nous prenons conscience de nos propres actions, paroles et sensations corporelles. Lorsque nous sentons l'énergie monter, nous nous arrêtons et nous reconnectons à une Puissance supérieure. En réservant du temps pour des pauses et des moments sans but ni structure, nous apprenons qu'il y a plus dans la vie que ce que nous avions expérimenté en tant que travailleurs compulsifs actifs. Nous nous permettons de nous amuser et de jouer sans en faire un projet de travail. Nous exerçons notre sens de l'humour et rions du côté comique des situations embarrassantes. Nous nous permettons de profiter du moment présent plutôt que d’aspirer à l’épanouissement dans un avenir lointain.

Le service

Dans l’esprit de la Douzième Étape, nous offrons de l'aide à d’autres travailleurs compulsifs, sachant que cette aide améliore notre propre rétablissement et favorise un sentiment de gratitude pour ce que nous avons appris et pour le chemin parcouru. Il peut être bon de prendre une petite pause de tout engagement bénévole nouveau ou important au début de notre rétablissement, si cette activité fait partie de notre compulsion. Nous pouvons cependant contribuer encore à W.A. de plusieurs façons. Par exemple, nous rendons service en écoutant attentivement les membres W.A. quand ils partagent, en nous proposant pour lire ou pour chronométrer les partages aux réunions W.A., et en donnant notre contribution conformément à la Septième Tradition.

Les principes

Nous acceptons les résultats de nos efforts – quels que soient ces résultats, quel que soit le moment. Nous savons que l'impatience, la précipitation et l'obstination pour obtenir un résultat parfait ne feront que ralentir tout progrès. Nous faisons preuve de douceur dans nos efforts, sachant que notre nouveau mode de vie demande beaucoup de pratique et que faire de notre mieux suffit pour l’instant. Nous admettons sans ambages nos faiblesses et nos erreurs. Nous nous rendons compte que nous n'avons pas à tout faire nous-mêmes. Nous prions et demandons de l'aide, en déléguant quand nous en avons besoin. Nous pardonnons aux autres et à nous-mêmes de ne pas être à la hauteur de nos idéaux. Nous gardons confidentiel ce que les membres W.A. partagent avec nous. Nous respectons l’anonymat de chacun afin de favoriser la liberté d’expression et d’empêcher le commérage et ses effets négatifs. Nous garantissons aux workaholiques un lieu sécurisant pour se rétablir. Nous traitons les autres comme nous souhaitons être traités. Si nous sommes tout à fait honnêtes envers nous-mêmes et qu'ensemble nous appliquons les Étapes, les Traditions, les Outils et les Principes dans nos vies, nous commencerons bientôt à recevoir les cadeaux de la santé mentale et de l'équilibre.

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Les Promesses des Workaholiques Anonymes

  1. Nous ne sommes plus obsédés par le travail ni paralysés par l'aversion du travail.
  2. La recherche d'adrénaline perd son emprise sur nous. L'inquiétude et l'anxiété excessives deviennent choses du passé.
  3. Nous avons un plan d'action quotidien et réaliste qui tient compte du temps aussi bien que des priorités telles que le rétablissement, les loisirs et les relations.
  4. La peur de manquer de temps, d'argent ou d'amour disparaît.
  5. Nous apprenons à jouer et à nous amuser ensemble.
  6. Nous réparons les relations brisées et en construisons de nouvelles.
  7. Nous retrouvons la santé et la capacité à prendre soin de nous-mêmes.
  8. L’intérêt personnel et le gonflement de l’ego ne sont plus les moteurs de nos décisions.
  9. Nous perdons tout intérêt pour les choses égoïstes. Notre intérêt et notre compassion augmentent pour notre conjoint, notre famille, nos amis, nos collègues.
  10. Nous remarquons à quel point le programme nous aide à gérer des problèmes qui auparavant nous déroutaient et nous dépassaient.
  11. Nous demandons de l’aide et venons en aide aux autres.
  12. Nous constatons que notre Puissance supérieure nous aide comme jamais nos propres forces n’ont pu le faire.

Est-ce que ce sont là des promesses exagérées ? Nous pensons que non. Elles se réalisent déjà dans la vie de plusieurs parmi nous. Pour ceux d’entre vous qui sont nouveaux dans notre fraternité, aucun problème que vous avez rencontré ne nous est étranger. Nous vous accueillons avec le plus grand respect. Quand nous appliquons ce programme avec honnêteté et compassion, un espace de sérénité grandit en nous un jour à la fois.

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Affirmations pour les Workaholiques

  1. Plus je vais lentement, plus je grandis rapidement.
  2. Plus je joue, plus ma Puissance supérieure travaille pour moi.
  3. J'ai du temps d’extra et du temps à partager. Le temps est mon ami.
  4. Quand je prends mon temps, je crée du temps. Je refuse de me hâter.
  5. Ma vie est remplie sans être surchargée.
  6. Je suis plus efficace quand je suis plus sélectif.
  7. Parce qu’en faire trop me nuit, ma priorité est mon bien-être.
  8. Avant de faire quoi que ce soit, je commence par ne rien faire.
  9. Je fais tout facilement et sans effort.
  10. Je me situe dans l’être, non dans le faire. J’aspire à apprécier la vie plutôt qu'à la subir.
  11. Moins je me débats, plus je m’ouvre à l'inspiration.
  12. Ma Puissance supérieure veut que j’accomplisse ma conception d’un travail agréable et d’une vie équilibrée, et elle me donne ce dont j'ai besoin pour y parvenir, au bon moment.
  13. J’attire à moi tout ce dont j'ai besoin pour une vie joyeuse et équilibrée.
  14. J’ai le droit d’avoir le travail qui me convient. Je mérite le plaisir, la reconnaissance et la santé qui en découlent.
  15. Je vis selon l’ordre divin, avec flexibilité.
  16. Je reçois toute l’aide et la coopération des personnes nécessaires pour réaliser mes objectifs. Je n'attire que des gens bienveillants.
  17. Bien accomplir mon travail renforce toutes mes relations et me rapproche de ceux que j'aime.
  18. Je suis en sécurité lorsque je choisis de prendre des risques.
  19. Je suis serein au milieu de l'activité, et vibrant de vie au repos. Dans l’urgence, je me hâte lentement.
  20. Même quand on me propose quelque chose de formidable, je dis non si j'ai besoin de repos. Le repos est la meilleure chose que je puisse m’offrir.
  21. Mon corps est mon ami et mon temple. Je le bénis et le remercie chaque jour, et je respecte ses signaux.
  22. Les émotions sont des informations importantes. J'honore leurs messages.
  23. Je m'aime inconditionnellement. Je suis parfait comme je suis. Je suis assez. J'en ai assez. J’en fais assez.
  24. Je n'essaie pas de grandir. Je m'accepte comme je suis, et je grandis automatiquement.
  25. Les gens me transmettent des messages importants lorsque j'écoute attentivement.
  26. Mes joies proviennent de ma Puissance supérieure.
  27. Je travaille pour vivre plutôt que de vivre pour travailler.
  28. Je ne dois aller nulle part et je n'ai rien à faire.
  29. Je ne peux aider personne si je ne peux m’aider moi-même.
  30. J'attends et j'accueille les surprises.

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Caractéristiques du rétablissement

  1. Nous pouvons faire des déclarations telles que: « Je ne sais pas. », « Je ne comprends pas. », « Je ne me souviens pas. », « J'avais tort. », « J'ai fait une erreur. », « Je suis désolé. », « J'ai besoin d'aide. », « Je suis triste. », « Je me sens seul. », « J'ai peur. », « Je suis mal à l'aise après ce que vous avez dit. », « Je suis faché. », « Je ne peux pas aider. », « J'ai envie de paresser. », « Et alors ? », « Peu importe. ».
  2. Nous acceptons que les autres n’aient pas besoin d’être toujours heureux. Nous ne nous opposons pas à leurs sentiments par la logique ou la distraction. Nous respectons les limites.
  3. Nous croyons que beaucoup de gens peuvent faire en grande partie ou en totalité ce que nous faisons, aussi bien que nous, ou même mieux.
  4. Nous ne nous attendons pas à prédire l'avenir ou à lire dans les pensées. Nous savons que les échecs et les projets inachevés font partie de l’apprentissage. Nous sommes conscients que, quelle que soit la rapidité ou l'efficacité de notre travail, il n'y a que 24 heures dans une journée.
  5. Nous respectons notre corps au lieu d’aller à son encontre. Nous sommes conscients que se sentir fatigué ou malade fait partie de l'expérience humaine. Nous nous fions à notre intuition ainsi qu’à notre horloge interne et à notre rythme naturel.
  6. Nous acceptons de ne pas pouvoir plaire à tout le monde.
  7. Nous pouvons refuser des responsabilités ou des demandes. Nous pouvons dire « non » sans nous sentir coupables. Nous prenons soin de nous et remplissons nos réserves.
  8. Nous reportons à plus tard, déléguons et abaissons les critères de performance au besoin.
  9. Nous savons qu'il est acceptable de se contredire parfois. Nous considérons nos erreurs comme une source d'humour.
  10. Dans la communication, nous sommes attentifs à l’humeur des gens et nous y adaptons, au lieu de nous concentrer uniquement sur le sujet traité.
  11. Nous valorisons la joie davantage que l'efficacité. Nous comprenons l'importance du repos et du jeu. Nous considérons le travail comme une partie – non comme la totalité – de la vie.
  12. Nous croyons que chacun a une valeur intrinsèque, qu'il travaille ou non.
  13. Nous sommes conscients d’être appréciés selon la façon dont nous traitons les autres, et non selon nos possessions, nos productions ou notre endurance au travail. Nous savons que les gens ne s’intéressent pas à ce que nous savons tant qu’ils ne savent pas à quel point nous nous intéressons à eux.
  14. Nous nous apercevons que nous ne pouvons pas forcer la croissance. Nous savons que nous ne pouvons pas changer, contrôler ou sauver qui que ce soit. Nous avons des attentes raisonnables vis-à-vis de nous-mêmes et des autres.
  15. Nous vivons dans le présent sans regretter le passé, ni craindre l’avenir.
  16. Nous croyons que nos partenaires dans une entreprise partagent la responsabilité des résultats, « bons » ou « mauvais ».
  17. Nous acceptons le changement, l’imprévu et le conflit comme faisant partie de la vie.
  18. Nous faisons confiance à la relation qui se développe avec notre Puissance supérieure, et nous nous réjouissons de notre propre bonté et de notre sérénité grandissante.

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Les Bienfaits du repos

La plupart des travailleurs compulsifs négligent ou ignorent le repos, le jugeant inutile et improductif. Le repos comprend un sommeil suffisant la nuit, des pauses et des siestes appropriées, des moments de solitude et de silence, ou simplement la position assise dans le calme quand le besoin se fait sentir. Se promener sur la plage ou lire un roman policier peuvent être relaxants, mais pas nécessairement reposants. De même, rester éveillé à s'inquiéter, ne compte pas. Le repos est « l'activité » la plus importante que nous pratiquons. Voici quelques-uns des bienfaits que nous pouvons recevoir si nous choisissons de capituler et de les accepter :

1. Régénération physique et mentale.

Quel que soit le plaisir de l'activité, nous l'apprécions beaucoup plus lorsque nous sommes reposés. Si nous sommes fatigués, nous devons puiser de l’énergie dans l'adrénaline ; même quand on nous propose le meilleur, nous devons y renoncer car le repos est la plus belle récompense.

2. Prendre contact avec notre être intérieur.

En étant seuls avec nous-mêmes, sans être distraits par des accessoires ou des activités, nous apprécions le plaisir de la solitude et apprenons l'art de l’autosatisfaction.

3. Un rythme plus lent.

Nous retrouvons un rythme respiratoire sain.

4. Établir des liens.

Nous tenons compte des liens de cause à effet dans nos actions et celles des autres.

5. La tranquillité pour être à l’écoute d'une Puissance supérieure.

Nous sommes capables de nous rappeler notre essence spirituelle et de nous abandonner à ce qu’a conçu pour nous le dessein universel. Nous remarquons la transition entre la fluidité et l'effort, la volonté d'une Puissance supérieure à notre volonté personnelle, l'abandon et les tentatives de contrôle.

6. Prendre du recul

Nous nous détendons après avoir été très concentrés, observant où nous avons oublié l’essentiel et ce que nous faisons de superflu. Nous nous rappelons d'être sélectifs. Nous gardons le silence pour réfléchir au sens profond des mots et des événements.

7. Laisser de l’espace dans la journée pour savourer chaque chose.

Nous assimilons pleinement nos sensations, revivons nos perceptions et profitons de la vie.

8. Se ressaisir avant de verser dans l'ego et la volonté personnelle.

Nous pouvons rester conscients des émotions et des signaux physiques, y compris le niveau d'énergie. Nous sommes en mesure de changer nos pensées pour de plus saines. Nous gagnons en patience, en flexibilité et en humour. Nous sommes capables d'exprimer de la créativité et de la sagesse.

9. Santé

Quand nous sommes malades, nous permettons à notre corps de se régénérer.

10. Être en harmonie avec les cycles naturels.

Nous respectons le rythme universel du flux et du reflux, de l’hiver comme de l’été. Nous considérons le temps comme un ami.

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Abstinence dans W.A. : Objectifs optimaux et Objectifs de base

Abstinence

Dans leur outil « Objectifs optimaux et Objectifs de base », les Workaholiques Anonymes définissent l'abstinence en ces termes:

Pour de nombreux travailleurs compulsifs, l'abstinence signifie bien plus que la libération de l'activité et du travail compulsifs sur le plan physique. Elle signifie également une attitude qui résulte de l'abandon à quelque chose de plus grand que soi. Nous ne nous contentons pas d’éviter le travail en prenant le manque d'activité pour du rétablissement. Nous aspirons à nous libérer de la pensée et de l'inquiétude compulsives. Chacun de nous est libre de déterminer sa propre façon d'être abstinent, en fonction de ses préférences et besoins personnels.

À la différence des dépendances aux substances, où l'abstinence est clairement déterminée par l'arrêt complet de la consommation de la substance qui altère l’humeur, la dépendance au travail est comportementale et se manifeste de différentes façons. Nous ne pouvons qualifier des comportements de totalement inacceptables, puisque même les manifestations les plus courantes de la maladie peuvent se présenter de manière flagrante ou subtile, selon les circonstances individuelles.

De plus, nous avons constaté que ce sont souvent les motivations, les attitudes et l'énergie que nous déployons dans une situation particulière qui rendent notre comportement compulsif, plutôt que la situation elle-même.

Alors comment savons-nous quand nous sommes abstinents, et quand nous avons sombré dans la dépendance active ? Chaque travailleur compulsif doit définir des limites et des objectifs personnalisés pour son propre rétablissement. Ces lignes directrices servent ensuite d'outil pour nous aider à mesurer nos progrès au fur et à mesure que nous travaillons les Étapes.

Objectifs de Base

Les objectifs de base délimitent le seuil où nous passons de l'abstinence à la dépendance au travail.

Les déclencheurs et les comportements symptomatiques du workaholisme actif diffèrent d'une personne à l'autre. La première tâche dans l'élaboration de notre liste des objectifs de base est de réfléchir à la première Étape – notre impuissance face à la dépendance et au chaos qu'elle a causé dans notre vie. Nous nous asseyons tranquillement et dressons une liste des comportements incontrôlables que nous avons ou avons eus dans le passé quand nous étions aux prises avec la maladie. Par la suite, il est utile de partager cette liste avec un parrain ou un autre membre W.A. pour recevoir ses impressions et son soutien.

L'étape suivante consiste à hiérarchiser la liste en en choisissant un ou deux éléments, afin de définir le premier objectif de base de notre abstinence. Voici quelques exemples d’objectifs de base que des travailleurs compulsifs ont adoptés :

  • Je ne travaille pas (ou ne fais pas de tâches ménagères ou de service) plus de 6 jours par semaine.
  • Je ne travaille pas plus de 45 heures par semaine.
  • Je ne commence pas à – et j’arrête de – travailler si je me sens affamé, fâché, seul ou fatigué.

*NDT : H.A.L.T. – l’acronyme anglais pour Hungry, Angry, Lonely, Tired – indique qu’une HALTE est requise quand surviennent ces sensations.

  • Je ne travaille pas pendant les repas.
  • Je ne permets pas au travail d’empiéter sur le temps que je m'engage à passer avec ma famille.
  • Je ne me précipite pas et ne conduis pas avec imprudence, même si je suis en retard.
  • Je ne blâme pas les autres pour mon stress.
  • Je ne prends pas de nouvel engagement sans en discuter d'abord avec un autre membre W.A.
  • Je ne prends pas de nouvel engagement sans renoncer à un ancien engagement. (Plus précisément, je ne prends rien de plus qu’une tâche non récurrente de 2 heures, sans attendre d'abord pendant 72 heures – pour prier, parler avec mon parrain et planifier le retrait d’une tâche équivalente en temps et en énergie.)

Nous pouvons également écrire les objectifs de base dans une forme affirmative pour saisir que le comportement de base que nous apprenons est essentiel au maintien de notre équilibre mental et de notre sérénité :

  • Je dors au moins 7 heures par nuit.
  • Je prie et médite quotidiennement.
  • J'assiste à au moins une réunion par semaine.
  • Je lis la documentation W.A. au moins dix minutes par jour.
  • Je contacte mon parrain au moins une fois par mois pour travailler les Étapes.
  • Je contacte au moins cinq autres membres W.A. par semaine.

Comme le suggère le principe de la douceur, nous sommes bons pour nous-mêmes et patients devant nos efforts, sachant que notre nouveau mode de vie nécessite beaucoup de pratique. Les objectifs de base servent de garde-fou pour prévenir les comportements nuisibles. Cependant nous n'utilisons pas les écarts comme des occasions de nous auto-flageller ; ils nous rappellent plutôt nos imperfections humaines et la nécessité de continuer, un jour à la fois, à pratiquer les Étapes et à recourir aux outils. En tant que workaholiques, il est important de ne pas « travailler » le programme avec le même zèle aveugle qui nous avait mis sur les genoux. Nous commençons simplement, sachant que nous pourrons toujours ajouter plus d’objectifs de base au fil de nos prises de conscience.

En concevant la notion d'abstinence avec l'aide de notre Puissance supérieure et des amis W.A., nous tâchons de fixer des objectifs de base réalistes, que nous pouvons maintenir. Si nous constatons ensuite que nous sommes constamment incapables d'honorer l'un de ces engagements, nous l'ajustons pour qu’il reflète mieux ce que nous pouvons faire, sachant que nous continuerons à progresser avec l'aide de notre Puissance supérieure. Nos objectifs de base devraient être le sceau de notre succès plutôt qu’une succession d’échecs. Ils changeront au fil du temps, à mesure que nous grandirons spirituellement et que le champ du possible s’étendra. Nous avons remarqué que le rétablissement crée l’accoutumance: plus nous en avons, plus nous en voulons.

Objectifs optimaux

Les objectifs optimaux représentent nos aspirations et nos visions.

Les objectifs optimaux sont des idéaux, nous donnant une orientation et un objectif dans le processus du rétablissement individuel. Par exemple, un travailleur compulsif avec un objectif de base comme « Je ne travaille pas plus de 6 jours par semaine » peut avoir un objectif optimal tel que « Je prendrai 2 jours de repos par semaine ». Notre succès avec les objectifs de base nous donne l'espoir que nous atteindrons, avec le temps, nos objectifs optimaux.

  • Finalement, nos objectifs optimaux deviennent des objectifs de base, et nous développons de nouveaux objectifs optimaux comme « Je prendrai 3 jours de repos par » Voici quelques exemples d’objectifs optimaux:
  • Je ne travaillerai pas plus de 9 heures par jour ou pas plus de 40 heures par semaine.
  • Je prendrai 2 jours de pause consécutifs d'affilée par semaine.
  • Je profiterai d'une journée pendant laquelle je n’aurai pas de liste de tâches au moins une fois par semaine.
  • Je dormirai au moins 8 heures par nuit.
  • Je passerai une journée à faire quelque chose d'amusant avec mes enfants au moins une fois par semaine.
  • Je prendrai des vacances annuelles sans aucun rapport avec un quelconque travail.
  • Je prendrai mes repas assis de manière détendue.
  • Je ferai toujours passer ma santé avant mon travail.

Conclusion

Même si, en tant que workaholiques, nous constatons que nous avons beaucoup en commun les uns avec les autres, les déclencheurs précis de notre maladie et les comportements qui constituent une dépendance active peuvent diverger. Les objectifs de base sont les marqueurs de l'abstinence. Les objectifs optimaux sont les jalons sur le chemin du rétablissement et la libération de l'inquiétude. Tous deux sont importants car ils nous montrent d'où nous venons et où nous espérons aller. Alors que nos objectifs de base nous aident à nous libérer de la douleur, nos objectifs optimaux promettent joie et épanouissement.

Les objectifs de base et les objectifs optimaux nous permettent de structurer notre programme de rétablissement en l’adaptant à nos schémas individuels. Nous suivons la direction de nos objectifs de base et de nos objectifs optimaux en perpétuelle évolution avec l'aide d'une Puissance supérieure, d'un parrain ou du co-parrainage, de la fraternité W.A. et de notre propre désir de retrouver la raison et la sérénité.Bas du formulaire

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Un Guide d'étude des étapes W.A

Vue d'ensemble: Le rétablissement de la dépendance au travail par les Douze Étapes

L'étude des Douze Étapes des Workaholiques Anonymes est au cœur du rétablissement personnel et du progrès. Au début, elle peut sembler décourageante, mais elle ne se fait pas dans la solitude. C’est le moment de demander de l'aide à un parrain ou une marraine, ou de joindre un groupe qui étudie les Étapes. Beaucoup d'entre nous trouvent que lire des chapitres du Gros Livre des AA (5: « Notre méthode », 6: « À l’œuvre », 7: « Au secours des autres ») les aide à mieux comprendre les Étapes. Nous lisons également le chapitre rattaché à chaque Étape dans Les Douze Étapes et Douze Traditions des AA, en remplaçant si nécessaire le mot « alcool » par « travail », afin de commencer à étudier les Étapes.

Le problème

Le workaholisme prend plusieurs formes. Exemples : construire notre identité et notre estime de soi sur ce que nous faisons; se tenir toujours très occupés; négliger notre santé, nos relations et notre spiritualité; tout relier au travail; n'avoir aucune envie de faire quoi que ce soit (évitement du travail ou épuisement professionnel); procrastiner; reporter les vacances et le repos; faire du travail superflu; s’inquiéter; être perfectionniste; éviter l'intimité; être contrôlant.

Ce sont tous des moyens de composer avec la douleur de ne pas nous sentir valables et d'avoir perdu le sentiment d'exister. Nous nous fuyons nous-mêmes en surchargeant notre horaire d’activités. Nous nous tenons occupés pour bloquer nos sentiments. Nous aimons les pics d'adrénaline provenant de l'intensité et de la précipitation pour respecter les délais. Peut-être sommes-nous reconnus et félicités au travail pour notre sens des responsabilités et nos capacités. Nous sommes même peut-être au service d’une entreprise workaholique qui utilise les compliments et promotions pour encourager notre dépendance. Pourtant, nous avons payé très cher ces « récompenses ». Nous avons sacrifié notre conscience personnelle pour enfouir notre douleur dans le travail et l'inquiétude. Nous avons risqué notre santé et miné nos relations. Peut-être nous sommes-nous demandé: « La vie se limite-t-elle à cela ? »

Le workaholisme étant méconnu, le reconnaître peut prendre beaucoup de temps. Il s'agit d'une dépendance à la fois à une substance (l’adrénaline) et à un processus (en faire trop), et elle ne se limite pas à notre vie professionnelle rémunérée. Nous pouvons également être des travailleurs compulsifs dans les loisirs, le sport, les tâches ménagères, le bénévolat ou en essayant de sauver le monde. Ces comportements peuvent sembler admirables, mais s'ils impliquent un abandon de soi au profit d’activités incessantes, il s’agit d’une dépendance au travail.

Vu que c’est une maladie progressive, nous devenons de plus en plus motivés, jusqu'à ce que nous touchions le fond. Notre fond peut se présenter comme un grave problème de santé ou un ultimatum de notre conjoint, de notre employeur ou d'un ami. À un moment donné, « travailleur compulsif » n'est plus une étiquette que nous valorisons. Nous nous rendons compte que nous devons changer.

Pour nous guider dans notre rétablissement, il y a les Douze Étapes des Workaholiques Anonymes. Mais ce processus de rétablissement semble écrasant, tellement notre dépendance au travail est enracinée. Combien de temps prendra-t-il? Nous sommes déjà tellement occupés! Que faisons-nous de nos engagements et de nos responsabilités?

La solution

Au fur et à mesure que notre douleur s'intensifie, nous commençons à consentir : nous consentons à admettre que nous sommes dépendants du travail, que notre vie est ingérable et que notre façon de faire n'a pas fonctionné; nous consentons à ne pas trouver immédiatement de réponses à nos questions et de solutions à nos problèmes; nous consentons à dire: « Je suis malade. Je veux me rétablir et j'ai besoin d'aide. » Chez les W.A., cet aveu d'impuissance constitue la Première Étape. Nous avons trouvé bénéfique de franchir cette Étape et celles qui suivent avec d'autres membres des W.A.

De ce consentement initial naît plus de consentement. La Deuxième Étape nous dit qu'une Puissance supérieure à nous-mêmes peut nous rendre la raison. Cette Puissance peut être Dieu, une Puissance suprême, l'Univers, le groupe W.A. – peu importe la source de cette force.

La Troisième Étape consiste à s'engager à confier notre volonté et notre vie à Dieu tel que nous Le concevons. Laisser notre Puissance supérieure nous guider requiert de laisser aller le contrôle, non d’être irresponsables. Notre volonté devient alors un outil pour transformer l’obstination en bonne volonté. Pour ceux et celles d'entre nous qui sont fiers d'être autosuffisants et déterminés, franchir cette étape implique une nouvelle façon de penser.

À la Quatrième Étape, nous dressons un inventaire écrit de nous-mêmes par rapport à notre compulsion au travail. Nous incluons à la fois nos défauts et nos atouts. Nous demandons l’aide d’un membre des W.A. pour savoir comment faire cette Étape. En nous observant de près, nous nous familiarisons avec la personne aimable que nous sommes vraiment et que nous avons perdue en étant trop affairés.

Plusieurs d’entre nous sont honteux d’avoir blessé des personnes – et eux-mêmes – par leur dépendance au travail. C’est pourquoi la Cinquième Étape est thérapeutique : nous parlons à quelqu’un de compréhensif, que nous pouvons choisir. Lorsque nous partageons nos secrets, nous constatons souvent que d'autres ont vécu des expériences similaires.

Les Étapes Six et Sept nous demandent de nous préparer à faire amende honorable à ceux que nous avons blessés. À la Huitième Étape, nous énumérons ces personnes et à la Neuvième Étape, nous leur faisons amende honorable de façon judicieuse. Une fois ces Étapes franchies, plusieurs d’entre nous se découvrent libérés d'un grand fardeau et jouissent d’un sentiment de paix.

Le rétablissement du workaholisme n'est pas une guérison, mais un processus qui dure le reste de la vie. Nous n'avons droit qu'à un sursis quotidien en fonction de notre croissance spirituelle et du maintien de notre abstinence. À la Dixième Étape, nous continuons le processus commencé à la Quatrième Étape : prendre conscience de nos sentiments et assumer la responsabilité de nos paroles et de nos actions. Grâce à la prière et à la méditation, la Onzième Étape renforce notre contact conscient avec notre Puissance supérieure, commencé à la Deuxième Étape.

La Douzième Étape nous dit que nous pouvons maintenir et accroître la conscience spirituelle acquise dans les Étapes précédentes. Nous pouvons le faire en transmettant le message de rétablissement des W.A. aux travailleurs compulsifs et en pratiquant ces principes au travail, à la maison, en vacances, partout.

Le meilleur moyen de ne pas retomber dans nos vieilles habitudes est de partager avec les autres notre rétablissement dans W.A. « Nous ne pouvons le conserver à moins de le partager. » Nous transmettons le message en donnant l’exemple d’un travailleur compulsif en rétablissement, dans nos activités quotidiennes aussi bien que par le service dans W.A.

Suivre les Étapes nous met en contact avec notre sagesse intérieure et notre spiritualité. En apprenant à nous accepter tel que nous sommes, nous découvrons une nouvelle attitude vis-à-vis du travail et de l’activité. Nous apprécions davantage notre travail et l’accomplissons plus efficacement. Lorsque le travail occupe sa véritable place, il nous reste du temps pour nous amuser, prendre soin de notre santé, nourrir nos relations et notre créativité.

Nous vous accueillons dans notre programme en vous souhaitant le rétablissement, la sérénité et la satisfaction personnelle que nous avons trouvés.

Reproduit à partir de The Workaholics Anonymous Book of Recovery, p. 35-37, 2015 WAWSO avec l’autorisation de Workaholics Anonymous World Services Organization. Le matériel protégé par le droit d'auteur ne peut être reproduit sous quelque forme que ce soit sans l'autorisation écrite de WAWSO. ”

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L'histoire de W.A

Comme pour A.A., il fut un temps où W.A. n'existait pas encore et devait être créé. Au début des années 1980, un certain nombre de personnes ont commencé à reconnaître que leur comportement face au travail était pathologique, c’est-à-dire qu’il affectait leur vie autant qu’une substance lorsqu'elle s’empare de la volonté du toxicomane. Les personnes à la recherche d'une solution se sont réunies sur leur lieu de travail, à la maison ou sur les terrains de jeu. Les premières qui étaient prêtes à faire du service ont formé des groupes inspirés de ceux des autres programmes en Douze Étapes. En avril 1983, une des premières tentatives officielles de créer une fraternité autour du workaholisme est survenue à New York quand le planificateur financier d'une entreprise et un enseignant se sont rencontrés. Ils ont formé un groupe dans le but d'arrêter de travailler compulsivement et d'aider les autres qui souffraient de cette compulsion. À leurs premières réunions, les conjoints participaient également. Ces pionniers espéraient retrouver la force dont ils avaient déjà fait l'expérience grâce aux fraternités A.A. et Al-Anon. Un groupe Work-Anon aurait peut-être été plus approprié pour la famille et les amis, mais ceux-ci ne formaient pas une organisation distincte pour leur rétablissement, à ce stade. La documentation W.A. a d’abord été rédigée au fil des réunions ou adaptée à partir d'autres programmes en Douze Étapes. Bon nombre des premiers textes ont été rédigés par V. M., l'un des précurseurs à avoir donné vie et structure aux premiers groupes W.A.

Au cours des années suivantes, d'autres personnes (sans connaître l’initiative prise à New York) ont également commencé à qualifier de maladie la dépendance au travail et à organiser des réunions dans leurs communautés. Plusieurs groupes de rétablissement se sont établis dans le sud de la Californie. Plus tard, les workaholiques de Los Angeles et de San Diego ont fusionné avec ceux de New York pour collaborer à la création d'une nouvelle documentation et pour transmettre les Douze Étapes à ceux qui luttaient encore contre la dépendance. Des réunions ont également démarré dans plusieurs autres régions du nord-est et du sud-ouest des États-Unis. Des articles de magazines et de journaux ont contribué à faire connaître leur existence. À la fin des années 1980, un certain nombre de groupes se développaient autour de la baie de San Francisco quand une infirmière, habituée aux A.A., a remarqué que son comportement compulsif face au travail affectait davantage sa santé et ses relations que l’alcool ne l’avait fait. Elle a demandé l'aide du Dry Dock, le centre de rétablissement des A.A. de San Francisco. En 1987, elle a fondé W.A. en tant que société à but non lucratif de Californie : c’était le premier Intergroupe officiel.

Des demandes d'informations arrivaient d'autres pays pendant que des réunions démarraient à travers le monde. Bien que fondés sur les Douze Étapes, les groupes avaient souvent leur propre définition du problème et leurs propres idées sur les outils et autres documents. Quand de plus en plus de travailleurs compulsifs découvraient l’existence les uns des autres et leurs ressemblances, beaucoup ont préconisé le partage de concepts, ainsi que le développement d’un schéma de réunion standardisé et d’une approche pour répondre aux questions du public sur le workaholisme. Le 31 mars 1990, après un échange de lettres entre plusieurs des premiers groupes W.A., quatre travailleurs compulsifs et deux de leurs conjoints se sont rencontrés au sous-sol de l'église presbytérienne St. John's à West Los Angeles. Représentant les fraternités de New York, Los Angeles et San Diego, ils ont intitulé leur réunion « Workaholics Anonymous First World Service Conference ». Lors de cette rencontre inaugurale, ils ont exposé l'histoire, les progrès et les espoirs de leur groupe respectif, et ont identifié des problèmes qu’ils avaient en commun. Ils se sont demandé comment répondre aux préoccupations des conjoints ; aux questions des médecins et psychologues, et des personnes sans expérience avec les Étapes ; comment concevoir une réunion pour très petits groupes ; quand la participation aux réunions est impossible, comment les remplacer par du soutien téléphonique ; comment composer avec le fait que le workaholisme ne soit pas encore perçu comme une maladie sérieuse et répandue. Les participants au congrès des workaholiques ont assumé les responsabilités de la nouvelle organisation internationale et se sont engagés à conserver leurs fonctions jusqu'à ce que des élections puissent avoir lieu, à la prochaine convention. D’ici là, le nouveau Bureau des Services Mondiaux des Workaholiques Anonymes (W.A.W.S.O.) a demandé aux A.A. la permission d'adapter le préambule, les Douze Étapes et les Douze Traditions; il a commencé à mettre sur pieds de nouveaux statuts et règlements; a constitué une trousse de démarrage pour nouvelle réunion, dont une suggestion de matrice à suivre et de lectures de base; a commencé à lister les publications pertinentes et à rassembler des histoires de rétablissement; a développé une liste de toutes les réunions connues de W.A. dans le monde entier; et a communiqué avec chaque groupe W.A.

Le 7 novembre 1992, une trentaine de participants se sont rassemblés avec grand enthousiasme pour représenter plusieurs des 63 groupes W.A. – dont ceux du Canada, de l'Allemagne et du Japon – à la deuxième Conférence des Services Mondiaux, qui avait lieu au Summit Medical Center à Oakland, en Californie. Ils en sont venus à placer toute l’autorité de W.A.W.S.O. entre les mains de cinq coprésidents: 1) pour l’inscription des groupes, 2) pour répondre aux questions par courrier ou par téléphone, 3) pour la sensibilisation, 4) pour gérer la trésorerie et 5) pour faciliter la communication entre coprésidents et comités. Des comités ont ensuite été créés pour réexaminer et déposer officiellement les statuts, dresser une liste de documentation suggérée, publier un bulletin, diffuser des annonces et collecter des fonds. La jeune corporation à but non lucratif de W.A. dans le nord de la Californie a continué à fournir des services d’Intergroupe pour dix réunions, jusqu'à ce qu'un déclin de participation entraîne des dons insuffisants pour poursuivre ces efforts. Vers la fin des années 1990, cette société d'origine s’est dissoute et la petite trésorerie résiduelle a été donnée à la nouvelle organisation internationale.

Quelques années plus tard, un consensus se manifestait pour que W.A. soit présent sur Internet et utilise le courrier électronique, ce qui encourageait à structurer davantage le service au sein de la fraternité. Un membre W.A. de Boston a créé une page web non officielle, comprenant des publications W.A. et fournissant une adresse de correspondance. Cette page a suscité l'intérêt et les nouveaux venus l'utilisaient pour trouver des réunions et recueillir des informations. Tant et si bien qu’elle demandait trop de travail pour une seule personne. Le Bureau W.A.W.S.O. adopta enfin les médias électroniques et, avec l'aide des membres de Boston et d'autres, créa une adresse URL et lança son site internet : www.workaholics-anonymous.org.

Depuis 2002, W.A. bénéficie des services d'un Conseil d'administration complet. The Recovery Book est paru en 2005, suivi du cahier d'exercices. La fraternité s'est depuis développée à pas de géant, et comprend maintenant un certain nombre de réunions téléphoniques et électroniques. Le service aux autres fait évoluer l’organisation et aide à maintenir le rétablissement individuel. W.A. est l’amalgame des efforts de tous ses membres, le résultat collectif de nombreux petits actes de service accomplis un à la fois, prouvant qu'une Puissance supérieure peut guider les travailleurs compulsifs en rétablissement vers un service équilibré. Plusieurs membres W.A. sont libérés du perfectionnisme et de la procrastination qui caractérisaient souvent les tentatives d'aide aux autres. Chaque membre est bienvenu et encouragé à renoncer à son égo et à servir, selon ce que permet son rétablissement, ne serait-ce qu’humblement pour commencer. Ce service permet aux membres W.A. de s’exercer, dans un cadre sécurisant, à fixer les limites de l’abstinence, et de s'assurer que l'organisation continue d'exister pour les membres actuels ainsi que pour tous les futur membres qui souhaiteront se rétablir.

Le Bureau des Services Mondiaux de Workaholiques Anonymes (W.A.W.S.O.) peut être contacté au:

Workaholics Anonymous World Service Organization

P.O. Boîte 289

Menlo Park, CA 94026 États-Unis

Téléphone: (510) 273-9253

Courriel: This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

Site Web: www.workaholics-anonymous.org

Les listes de réunions, publications de W.A. et documents d'inscription au congrès annuel sont accessibles sur le site internet. Il y a également des onglets pour mettre à jour l’information sur les groupes, s'abonner aux publications électroniques, trouver un parrain/une marraine, offrir des services à la fraternité ou faire un don conformément à la Septième Tradition. Ceux qui souhaitent trouver du soutien là où il n’existe pas de réunion, peuvent s'inscrire pour être avisés si d'autres personnes exprimaient l’envie de démarrer une nouvelle réunion dans la même région. Ils pourront aussi demander une trousse de démarrage qui contient du matériel pour démarrer une réunion et attirer de nouveaux membres WA, pour un bénéfice mutuel.

Reproduit à partir de The Workaholics Anonymous Book of Recovery, p. 198-201, 2015 WAWSO avec l’autorisation de Workaholics Anonymous World Services Organization. Le matériel protégé par le droit d'auteur ne peut être reproduit sous quelque forme que ce soit sans l'autorisation écrite de WAWSO. ”

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Format suggéré pour les réunions W.A

[Veuillez adapter ce format selon les besoins de votre groupe.]

[Distribuez les lectures suggérées: Les caractéristiques des travailleurs compulsifs, Notre méthode, les Douze Étapes, les Douze Traditions, les Outils du rétablissement et les Promesses.]

Introduction

« Bienvenue à la réunion __________ des Workaholics Anonymes. Je m'appelle __________ [prénom] et je suis un travailleur compulsif (ou tout autre terme définissant votre compulsion) et l’animateur de cette réunion. Pour ceux et celles qui veulent bien se joindre à moi, nous allons débuter par un moment de silence, suivi de la Prière de Sérénité. »

[Pause.]

« Mon Dieu, donne-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux changer, et la sagesse d’en connaître la différence. »

« Workaholiques Anonymes est une association de personnes qui partagent entre elles leur expérience, leur force et leur espoir afin de résoudre leur problème commun et d'aider d'autres travailleurs compulsifs à se rétablir.  La seule condition pour être membre est le désir d’arrêter de travailler compulsivement. Il n’y a ni droits, ni frais à acquitter pour adhérer aux W.A. Nous nous finançons par nos propres contributions. W.A. n’est associé à aucune secte, parti politique, confession religieuse ou institution, ne s'engage dans aucune controverse, n’approuve ni ne désapprouve aucune cause. Notre but premier est d'arrêter de travailler compulsivement et de transmettre le message de rétablissement aux travailleurs compulsifs qui souffrent encore. » 

« Il est maintenant temps de nous présenter par notre prénom uniquement. Merci de nous indiquer si vous visitez W.A. pour la première fois ou si vous venez d’une autre région, pour que nous puissions vous accueillir. Encore une fois, je m'appelle __________ et je suis un travailleur compulsif. »

[Invitez les autres membres à se présenter, chacun à son tour.]

« Je vais faire circuler une liste pour que vous écriviez vos nom et numéro de téléphone. Ceux qui le font, c’est qu’ils souhaitent parler du programme avec d'autres membres W.A. entre les réunions. »

[Passez la liste.]

« Y a-t-il des annonces liées à W.A.? »

[Faites des annonces et invitez les autres membres à faire des annonces au besoin.]

« Est-ce que quelqu'un peut lire __________ [lecture suggérée]? »

[Invitez un autre membre à lire, puis répétez la question pour chaque lecture supplémentaire: 1. les caractéristiques des travailleurs compulsifs, 2. Notre méthode 3. les Douze Étapes, 4. les Douze Traditions ou « la tradition du mois», et/ou 5. les Outils du rétablissement]

Conférencier / Sujet

"Le format de cette réunion est __________."

[S'il s'agit d'une réunion avec conférencier, présentez-le. Pour une réunion sur une étape ou un thème, annoncez-le, puis demandez à un volontaire de lire la documentation pertinente.]

Mini-partages

« Nous vous demandons d'éviter les partages croisés, ce qui signifie que lorsque nous parlons, nous nous adressons au groupe dans son ensemble. Nous parlons à la première personne et nous ne prodiguons pas de conseils. Comme le mentionne le préambule de WA, « notre but premier est d'arrêter de travailler compulsivement et de transmettre le message de rétablissement aux travailleurs compulsifs qui souffrent encore. » Par conséquent, nous vous demandons de respecter les membres du groupe et de veiller à ce que vos partages se fondent sur des solutions liées à notre thème, autant que possible. Avant de partager une deuxième fois, veuillez attendre que tous ceux qui le souhaitent aient eu leur premier tour. Nous gardons à l'esprit la Douzième Tradition de l'anonymat, en plaçant les principes au-dessus des personnalités. »

[Demandez à quelqu'un de se porter volontaire pour minuter les partages si le groupe le désire. Informez le volontaire de la durée suggérée des partages et du signal utilisé pour marquer la fin d’un partage.]

« La réunion est maintenant ouverte aux partages. Encore une fois, le thème est __________. »

[Environ 15 minutes avant la clôture, si cela est approprié et souhaité par le groupe, demandez si de nouveaux membres souhaitent partager.]

Clôture

« Notre réunion s’achève maintenant. Si vous n'avez pas eu l'occasion de partager, vous pouvez rester après la réunion et parler à quelqu'un. »

« Selon notre Septième Tradition, nous subvenons à nos propres besoins et refusons les contributions de l’extérieur. Je vais passer le panier. S'il s'agit de votre première réunion, ne vous sentez pas obligés de contribuer. L'argent que nous collectons sert à payer le loyer et les publications ainsi qu'à soutenir notre action auprès d'autres travailleurs compulsifs. »

[Passez le panier.]

« Est-ce que quelqu'un peut lire les Promesses? »

[Invitez un membre à lire les Promesses.]

« Afin de préserver l'anonymat de chaque membre, nous demandons que tout ce que vous voyez ici, et tout ce que vous entendez ici, reste ici. Les opinions exprimées sont personnelles. S'il vous plaît, prenez ce qui vous plaît et laissez le reste de côté. »

[Remerciez ceux qui ont lu pendant la réunion. Répétez la bienvenue aux nouveaux membres et félicitez tous ceux qui célèbrent un anniversaire de W.A. ou un anniversaire d'abstinence.]

« En terminant, nous sommes reconnaissants d'avoir cette opportunité de grandir dans le respect de nous-mêmes et d'acquérir une attitude saine envers notre travail. Peu importe à quel point notre workaholisme est enraciné et désespéré, peu importe que nos problèmes semblent sans issue, nous partons d’où nous sommes. En vivant le programme un jour à la fois, nous commençons à goûter la liberté et le bonheur qu'il offre. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons d'une Puissance supérieure, nous constatons notre transformation. Nous obtenons ce que nous avons toujours cherché : l'amour et la paix d'esprit. Ce qui semblait impossible est maintenant réel. Si nous continuons à agir selon notre programme, étape par étape, nous trouvons que la vie devient plus riche et plus joyeuse. »

« Terminons notre réunion par la prière __________. » [Sérénité, Troisième Étape, Septième Étape, Onzième Étape ou autre prière choisie par le groupe.]

[Prière.]

“Reproduit à partir de The Workaholics Anonymous Book of Recovery, p. 202-205, 2015 WAWSO avec l’autorisation de Workaholics Anonymous World Services Organization. Le matériel protégé par le droit d'auteur ne peut être reproduit sous quelque forme que ce soit sans l'autorisation écrite de WAWSO. ”

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Transformer le travail en jeu

Les attitudes

Étant travailleurs compulsifs, nous avons utilisé le travail et l'activité pour nier notre être et fuir nos émotions. En faire trop a peut-être été notre seul moyen d'obtenir l'approbation, de définir notre identité et de justifier notre existence. S’investir librement dans le jeu, comparé à l'obligation apparemment si importante de travailler, peut sembler quelque peu frivole. Nous nous sommes peut-être sentis tellement coupables de nous amuser que nous avons transformé le divertissement en projets rentables ou utiles afin de nous sentir productifs. Ou peut-être avons-nous été élevés avec l'idée que le travail quotidien, les corvées, la course effrénée sont respectables, alors que le jeu ne devrait être autorisé que comme récompense après un immense effort.

Dans les deux cas, nous avons du mal à attribuer de la valeur au jeu. Le travail, c'est ce que nous croyons devoir faire, pour l'argent et pour l'estime de soi. En fait, plus c'est douloureux, plus nous nous prouvons que nous méritons notre salaire. Nous voyons le jeu comme de la complaisance à procrastiner, et trouvons ridicule d’être payé pour quelque chose qui est agréable ou qui ne demande pas d’effort. 

Si nous sommes travailleurs autonomes, nous pensons probablement ne pas pouvoir facturer beaucoup si nous aimons ce que nous faisons. Seule notre souffrance détermine la valeur de notre travail. Cependant, les acheteurs ne considèrent pas nos difficultés lorsqu'ils prennent des décisions ; ils veulent simplement un produit ou un service qui réponde à leurs besoins. En réalité, quand quelque chose est effectué dans un état de bien-être, ce sentiment transparaît souvent et par conséquent, attire un marché.

Certains d'entre nous ont pris conscience qu’il est absurde de consacrer la majorité de notre temps à l’acquisition d’un statut et de richesse matérielle, tout en sacrifiant le plaisir. Depuis, nous avons compris que nous pouvons adopter la même attitude vis-à-vis du travail et des loisirs. Pour notre paix d'esprit, nous pouvons aborder toute activité, quelle qu’elle soit, avec une qualité de présence, avec ouverture et légèreté, plutôt que de viser les résultats.

Les récompenses

Certains d'entre nous se trouvent à travailler dans des domaines inappropriés ; ils ont renoncé à tirer parti de leurs intérêts et talents naturels. Ou encore, nous poursuivons peut-être nos passions, mais de façon destructrice. Dans tous les cas, nous sommes venus chez W.A. parce que nous travaillions à partir de notre ego plutôt que de notre cœur – que nous en soyons conscients ou non. Nous travaillions pour être stimulés et distraits ; reconnus, respectés et aimés ; et pour être fiers de tout ce que nous nous sommes poussés à faire. Parfois inconsciemment, nous travaillions pour nous saboter, parce qu’en prouvant notre échec, nous nous sentions à l'aise et en contrôle.

Nos efforts acharnés nous ont parfois valu des récompenses extérieures : un partenariat, une deuxième maison ou simplement un plus gros salaire. Nous avons peut-être commencé à exercer ce travail parce que nous l'aimions, mais après avoir établi un lien entre celui-ci et les distinctions et récompenses, nous accordions graduellement plus d’importance à ces marques de succès qu’à ce qu’il fallait faire pour les obtenir.

Quelles que soit notre situation, nous avions des comportements destructeurs vis-à-vis du travail. Nous avons fixé des échéances impossibles et poussé des projets avant leur heure. Nous avons refusé de prendre des pauses, travaillé malgré la douleur et l'épuisement, puis nous nous sommes demandé pourquoi nous résistions à ce que nous avions auparavant hâte de faire. Nous nous sommes parfois retrouvés incapables de travailler, paralysés par le perfectionnisme et nous réfugiant dans un autre comportement compulsif.

Le rétablissement

Chez les W.A., nous savons qu'une Puissance supérieure est notre employeur. Par les Douze Étapes, nous remettons notre vie aux soins de quelque chose de plus grand que nous-mêmes. Nous demandons ce qu'il faut faire, quand et comment il faut le faire. Nous nous rendons compte que notre corps et notre esprit ont des limites; que nous devons les nourrir avec du repos, une alimentation saine et de l'exercice. Nous apprenons que toute activité, si agréable qu’elle soit, peut devenir pénible si elle est forcée. Nous comprenons que travailler dans la fatigue est gaspillé, car souvent nous devons recommencer.

Le plaisir du processus devient notre critère. Nous pouvons souvent utiliser notre volonté pour continuer à travailler, mais sans enthousiasme. Au lieu de nous concentrer sur le rendement, nous pouvons nous demander s’il est possible de continuer sans sacrifier une attitude positive. La plupart du temps, nous constaterons que la réponse est non. Après avoir compris que nous méritons de savourer ce que nous faisons, nous n'aurons plus à le demander. Nous n'aurons pas à attendre que nos paupières se ferment et que notre cou nous fasse mal. Nous saurons bien avant éteindre l'ordinateur, déposer le téléphone ou fermer le livre : rester dans le moment présent et capter nos sensations. Ce que nous faisons, c'est développer un moi sain, qui savoure la vie présentement au lieu d’imaginer d’éventuelles récompenses. Une fois que nous entrons en contact avec nous-mêmes, nous voyons avec clarté ce qui compte vraiment.

Les changements dans le milieu de travail

Cette clarté modifie la façon dont nous percevons notre milieu. Nous remarquons soudain d'autres personnes sur notre lieu de travail qui font les mêmes tâches, mais dans la sérénité. Nous nous rendons compte que nous n'avons pas à en faire trop ou à essayer de devenir indispensables pour conserver notre emploi. On nous traite différemment quand nous commençons à établir des limites et à ne plus permettre aux autres d’alimenter notre dépendance. Même si nous sommes responsables de définir le rythme, nous sommes souvent étonnés de voir à quel point le niveau de créativité et de coopération augmente à mesure que nos attentes deviennent plus réalistes.

Ou encore, nous pourrions nous apercevoir qu’il faut partir. Si nous ne mettons pas à profit nos talents, le travail peut sembler encore plus aliénant et dénué de sens. Nous constatons peut-être que nos valeurs ont changé et que nous ne voulons plus nous traiter de manière irrespectueuse ou abusive. Peut-être travaillons-nous pour une cause en laquelle nous croyons, mais d'une façon qui contredit les principes du rétablissement. Nous pensons maintenant que pour être le plus profitables à la société, nous devons donner des exemples sains en choisissant des lieux de travail sains et en adoptant des comportements sains.

Au lieu de nous fouetter et de forcer un projet avant son heure, nous travaillons reposés, au moment opportun, et tout se met en place. Nous commençons à remplacer notre objectif d'obtenir des résultats par un comportement conforme à notre code moral dans chaque situation. Ainsi, nous établissons un nouveau critère de réussite. Le travail en lui-même, comme le jeu, est devenu sa propre récompense.

En dehors du lieu de travail

Si nous avons fait la paix avec notre situation, trouvé le poste équilibré qui nous attendait, ou créé nous-mêmes un milieu plus sain, ces changements ont un impact sur le reste de notre vie. Parce que nous sommes satisfaits, nous ne sentons plus la pulsion compulsive d'accomplir des choses ou de nous récompenser d'avoir enduré un travail ingrat. Notre santé s'améliore lorsque nous croyons être toujours en droit de prendre soin de nous-mêmes.

Le contentement devient un aspect naturel de notre vie. Ironiquement, nous produisons davantage et plus facilement. Nous n'avons pas besoin d'en obtenir plus ou d'en faire plus, pour nous sentir adéquats. La sensation de vide intérieur et le besoin de gonfler notre ego disparaissent. L'estime de soi ne s'acquiert plus uniquement par le travail.

Nos relations changent. Nous attirons des gens qui savent établir leurs limites, qui s'aiment, sont indépendants et non contrôlants. Nous n'avons plus besoin de nous sentir utiles à tout prix ou de gagner l'amitié des autres en prenant soin d’eux. Quand nous faisons du service, c'est une fois que nous sommes réellement reconnaissants et heureux de notre propre vie. Ce que nous donnons est de meilleure qualité car c’est fait librement et sans ressentiment.

“ Reproduit à partir de The Workaholics Anonymous Book of Recovery, p. 210-213, 2015 WAWSO avec l’autorisation de Workaholics Anonymous World Services Organization. Le matériel protégé par le droit d'auteur ne peut être reproduit sous quelque forme que ce soit sans l'autorisation écrite de WAWSO. ”

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