Le préambule des Workaholiques Anonymes

Workaholiques Anonymes est une association de personnes qui partagent leur expérience, leur force et leur espoir dans le but de résoudre leur problème commun et d'aider d'autres travailleurs compulsifs à se rétablir. La seule condition pour être membre est le désir d’arrêter de travailler compulsivement. Il n’y a ni droits, ni frais à acquitter pour être membre des W.A.; nous nous finançons par nos propres contributions. W.A. n’est associé à aucune secte, parti politique, confession ou institution, ne s’engage dans aucune controverse, ne cautionne ni ne s'oppose à aucune cause. Notre but premier est d'arrêter de travailler compulsivement et de transmettre le message de rétablissement aux travailleurs compulsifs qui souffrent encore.

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Les vingt questions

  • Êtes-vous plus attiré par votre travail ou l’activité que par les relations intimes, le repos, etc. ?
  • Y a-t-il des moments où vous vous sentez motivé ou poussé à faire des tâches même si vous n’en avez pas envie, et d'autres moments où vous procrastinez et évitez ces tâches alors que vous préféreriez qu’elles soient faites ?
  • Apportez-vous votre travail au lit ? Durant les week-ends ? En vacances ?
  • Êtes-vous plus à l'aise de parler de votre travail plutôt que d'autres sujets ?
  • Vous arrive-t-il de passer des nuits blanches à travailler ?
  • En voulez-vous à votre travail ou aux personnes sur votre lieu de travail de vous mettre autant de pression ?
  • Évitez-vous l’intimité avec les autres ou avec vous-même ?
  • Résistez-vous à prendre du repos quand vous êtes fatigué, et utilisez-vous des stimulants pour rester éveillé plus longtemps ?
  • Acceptez-vous du travail ou du bénévolat supplémentaires parce que vous craignez que les choses n’avancent pas autrement ?
  • Vous arrive-t-il régulièrement de sous-estimer le temps nécessaire pour accomplir une tâche, et de devoir ensuite vous dépêcher pour la terminer ?
  • Vous plongez-vous dans l’activité pour changer ce que vous ressentez ou pour éviter le chagrin, l’anxiété ou la honte ?
  • Êtes-vous impatient avec les personnes qui ont d'autres priorités que le travail ?
  • Craignez-vous de perdre votre emploi ou d’être un raté, si vous ne travaillez pas dur sans arrêt ?
  • Craignez-vous le succès, l'échec, la critique, l'épuisement professionnel, l'insécurité financière ou le manque de temps ?
  • Essayez-vous d'effectuer plusieurs tâches à la fois pour en accomplir davantage ?
  • Êtes-vous irrité si quelqu’un vous demande d'arrêter ce que vous faites et de faire autre chose ?
  • Vos longues heures de travail ont-elles nui à votre santé ou à vos relations ?
  • Pensez-vous à votre travail ou à d'autres tâches en conduisant, en discutant, en vous endormant ou pendant votre sommeil ?
  • Vous sentez-vous agité quand vous êtes inactif, ou désespéré de trouver un jour l'équilibre ?
  • Vous sentez-vous esclave de vos courriels, textos ou autres technologies ?

Trois réponses affirmatives ou plus indiquent qu’il peut y avoir un problème de dépendance au travail. Après avoir examiné attentivement les questions et vos réponses, et peut-être parlé avec votre famille et vos amis, le problème peut apparaître plus clairement. La plupart d’entre nous ont été lents à comprendre l’ampleur des dommages de leurs comportements de longue date. Le rétablissement a commencé quand nous avons vu nos schémas destructeurs comme partie intégrante d'une puissante dépendance échappant à notre contrôle. La prise de conscience et l’acceptation ouvrent la porte à des solutions possibles.

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Caractéristiques des travailleurs compulsifs 

  • Il nous est très difficile de nous détendre. Nous sentons souvent, si ce n’est toujours, le besoin d’effectuer juste quelques tâches additionnelles avant de pouvoir nous considérer satisfaits et nous accorder une pause. Une fois notre liste de choses à faire complétée, nous trouvons encore quelque chose à faire. Ces pulsions incontrôlables aboutissent souvent au multitâche frénétique et à la dispersion de l’attention qui en découle. Nous fonctionnons sur le mode « mini-crises » pour fuir nos problèmes essentiels. Notre incapacité à ralentir nous conduit à la dépression et à l’épuisement, tout en nous privant de la joie de conclure et de nous reposer.
  • Nombre d’entre nous ont grandi dans un foyer chaotique où le stress et l’intensité d’un pic d’adrénaline étaient choses normales. Nous recherchons donc un milieu de travail aux conditions similaires ou créons des crises là où il n’y en n’a pas : c’est ce qui nous est familier et confortable. Sans problème à résoudre, nous sentons un manque, devenons anxieux et déprimés. De tels changements d’humeur détruisent la paix d’esprit.
  • Nous avons le désir obsessif de donner un sens à tout, y compris à chacune de nos pensées et de nos émotions. Nous ne pouvons pas nous permettre de vivre ce qui est hors de notre contrôle. Nous éprouvons une peur sous-jacente de devenir fous pour le reste de notre vie, si nous nous abandonnons et permettons à nos émotions d’émerger.
  • Nous sommes tellement habitués à faire ce qu’on attend de nous que nous sommes souvent incapables de savoir ce dont nous avons réellement envie et besoin de faire pour nous-mêmes. Nous nous sabotons en acquiesçant aux demandes de personnes que nous percevons comme « en position d’autorité ».
  • Nous avons souvent l’impression de devoir achever certaines tâches même si nous n’en avons pas envie, mais nous avons trop peur pour arrêter. Nous éprouvons du ressentiment envers ce que nous percevons comme des forces extérieures, en nous disant que si nous étions libres, nous choisirions de nous détendre ou de nous amuser. Dans ces moments-là, nous procrastinons souvent en nous apitoyant mais aussi en nous condamnant pour notre manque de discipline. Nous n’arrivons pas à nous concentrer mais refusons pourtant de lâcher prise un seul instant pour nous accorder l’espace dont nous avons besoin.
  • Notre estime personnelle repose largement sur le jugement des autres par rapport à notre performance au travail et dans d’autres domaines. Par conséquent, l’image que nous avons de nous-mêmes est extrêmement instable. Nous nous considérons souvent soit comme la personne la plus intelligente et la plus capable, soit comme la pire et la plus désespérante. Il nous est difficile de nous voir honnêtement et d’accepter la réalité, alors que nous essayons toujours de voir à travers le regard des autres au lieu de nous fier à notre propre jugement. Nous nous jetons frénétiquement dans le travail excessif avec l’illusion d’avoir besoin de gagner les éloges de nos collègues et patrons pour être en sécurité et heureux.
  • Quand nous nous jugeons, nous ne considérons généralement que nos réalisations concrètes, croyant devoir toujours être en train d’accomplir quelque chose d’utile pour nous sentir bien.  Il nous est difficile de nous aimer et de nous accepter autrement. Notre travail est devenu une identité et un moyen de justifier notre existence.
  • Nous avons l’illusion que les gens ne nous respecteront que si nous paraissons plus compétents que nous ne le sommes réellement. Quand les gens nous félicitent, nous sommes portés à nous discréditer comme si nous étions indignes de leurs compliments. Nous avons tendance à surcharger notre horaire pour essayer d’en faire plus et plus vite. Nous sommes souvent malhonnêtes au sujet de nos expériences passées et de nos capacités actuelles, en taisant nos échecs et en exagérant nos succès. Nous pensons qu’en ayant l’air occupés nous paraîtrons importants aux yeux des autres et gagnerons ainsi leur admiration.
  • Nous sommes perfectionnistes. Nous n’acceptons pas les erreurs comme faisant partie de la nature humaine et trouvons difficile de demander de l’aide. Nous pensons que personne ne peut faire les choses à notre goût et que nous sommes indispensables, alors nous avons du mal à déléguer et faisons plus que notre part. Nos attentes irréalistes nous empêchent souvent d’être satisfaits. Nous ne voyons pas la différence entre le travail imposé de l’extérieur et la pression que nous-mêmes nous imposons.
  • Nous avons tendance à être trop sérieux et hyper-responsables. Toute activité doit avoir un but. Nous nous sentons coupables et tourmentés quand nous ne faisons pas quelque chose de « productif ». Puisque nous transformons le jeu en travail, nous avons rarement des loisirs. Nous négligeons le sens de l’humour et ne profitons pas du pouvoir thérapeutique du rire.
  • Nous utilisons notre compulsion pour faire face à l’insécurité. Nous restons éveillés dans le lit à nous inquiéter. Nous planifions et organisons de manière compulsive. En ne voulant pas lâcher prise, nous perdons la capacité d’être spontané, flexible et créatif. Nous ne pouvons ressentir la joie.
  • Il nous est difficile d’attendre. Nous nous intéressons plus au résultat qu’au processus, à la quantité qu’à la qualité. Notre impatience sabote souvent notre travail car nous n’y allouons pas le temps nécessaire.
  • Nous sommes dans le déni face à certains aspects de notre travail et de nos activités. Nous mentons aux autres comme à nous-mêmes sur la quantité de travail que nous faisons. Souvent inconsciemment, nous accumulons les projets pour nous assurer d’être toujours occupés et de ne jamais nous ennuyer. Nous craignons le temps libre et les pauses, et les vacances nous semblent souvent pénibles plutôt que reposantes.
  • Même quand nous ne travaillons pas, nous pensons à la prochaine tâche. La plupart de nos activités sont liées au travail. Nous négligeons la spiritualité, la santé et les relations humaines. Nous nous refusons les bienfaits d’une vie équilibrée et variée.
  • Au lieu d’un havre de paix, notre maison est une extension de notre lieu de travail. La famille et les amis s’efforcent de s’adapter à nos horaires, espérant en vain que nous terminerons nos tâches et passerons enfin plus de temps avec eux.

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Notre méthode 

Nous, travailleurs compulsifs, avons découvert qu'aucune volonté ou détermination ne réussit à nous faire respecter à long terme un emploi du temps raisonnable. Nous avons constaté que nos propres forces, valables jusqu’à un certain point, nous font défaut en étant insuffisantes. Certains d’entre nous ont déjà eu confiance en eux, mais cela n'a pas résolu complètement leur problème de travail, ni leurs autres problèmes. Nous avons senti un besoin et cherché une solution à cette pierre d’achoppement. Nous avons compris que notre obsession du travail n'est que la manifestation extérieure de notre trouble émotionnel intérieur et de notre déconnexion spirituelle fondamentale.

Nous, qui nous rétablissons des conséquences destructrices de la dépendance au travail, comprenons, comme peut-être peu de gens le peuvent, la peur, la dépression, l'anxiété et la solitude du travailleur compulsif. Nous apprenons que l’euphorie obtenue des éloges exprimés par les autres, le sentiment de sécurité issu du fait d’éviter ou d’accomplir certaines tâches, et le chaos engendré par l’activité frénétique, sont tous des moyens que nous utilisons pour faire face à la réalité de ne pouvoir contrôler complètement notre vie ou notre expérience de celle-ci. Nous apprenons que nous ne ferons ou n'accumulerons jamais assez pour nous sentir vraiment bien. La dépendance au travail est une maladie qui ne se guérit ni par le statut ni par l’argent, et comme toutes les autres addictions, elle est progressive et fatale si elle n’est pas stoppée.

Nous apprenons également que le rétablissement est possible. Nous commençons par observer et établir nos ‘’Objectifs de base’’ personnels. Le travail compulsif ne se prête pas à l'abstinence complète comme c’est le cas pour de nombreuses addictions à des substances, mais avec l'aide d'une Puissance supérieure, nous pouvons commencer à reconnaître les moments où nous utilisons le travail de façon compulsive. Nous pouvons alors nous arrêter et prier, ou appeler un membre W.A. pour du soutien quand nous sommes tentés de revenir à nos anciens schémas de comportement. Nous expérimentons le rétablissement grâce au programme W.A.

Nos histoires décrivent comment était notre vie dans la dépendance active, comment nous avons trouvé le rétablissement, et ce qui a changé depuis que nous avons commencé à travailler le programme W.A. Nous espérons que vous déciderez de vouloir ce que nous avons et que vous serez prêts à parcourir les Étapes nécessaires afin de l'obtenir pour vous-même. Nous savons maintenant que nous avons affaire à une obsession vouée à nous submerger si nous ne demandons pas d'aide. Les demi-mesures ne nous ont rien donné, mais nous nous sommes rétablis lorsque nous nous sommes abandonnés complètement à quelque chose de plus grand que nous.

Travailler les Étapes avec un parrain/une marraine requiert une somme de temps et d’efforts variable. Nous pouvons créer des réunions d’Étapes pour en discuter et des groupes d’Étapes pour les travailler activement ensemble. Nous pouvons revoir certaines Étapes et leur trouver un nouveau sens. En fin de compte, nous constatons que nous les pratiquons mieux en les intégrant pleinement dans notre vie.

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Les Douze Étapes des Workaholiques Anonymes 

  1. Nous avons admis que nous étions impuissants devant le travail, que nous avions perdu la maîtrise de nos vies.
  2. Nous en sommes venus à croire qu'une Puissance supérieure à nous-mêmes pouvait nous rendre la raison.
  3. Nous avons décidé de confier notre volonté et notre vie au soin de Dieu tel que nous Le concevions.
  4. Nous avons procédé sans crainte à un inventaire moral, approfondi de nous-mêmes.
  5. Nous avons avoué à Dieu, à nous-mêmes et à un autre être humain la nature exacte de nos torts.
  6. Nous avons pleinement consenti à ce que Dieu élimine tous ces défauts de caractère.
  7. Nous Lui avons humblement demandé de faire disparaître nos défauts.
  8. Nous avons dressé une liste de toutes les personnes que nous avions lésées et nous avons consenti à réparer nos torts envers chacune d’elles.
  9. Nous avons réparé nos torts directement envers ces personnes, partout où c'était possible, sauf lorsqu'en ce faisant, nous pouvions leur nuire ou de nuire à d'autres.
  10. Nous avons poursuivi notre inventaire personnel et promptement admis nos torts dès que nous nous en sommes aperçus.
  11. Nous avons cherché par la prière et la méditation à améliorer notre contact conscient avec Dieu, tel que nous Le concevions, Lui demandant seulement de connaître Sa volonté à notre égard et de nous donner la force de l'exécuter.
  12. Ayant connu un réveil spirituel comme résultat de ces Étapes, nous avons alors essayé de transmettre ce message à d'autres travailleurs compulsifs et de mettre en pratique ces principes dans tous les domaines de notre vie.

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Les Douze Traditions des Workaholiques Anonymes

  1. Notre bien-être commun devrait venir en premier lieu, le rétablissement personnel dépend de l'unité des W.A.
  2. Pour le bénéfice de notre groupe, il n'existe qu'une seule autorité ultime : un Dieu d'amour tel qu'il peut se manifester dans la conscience de notre groupe. Nos chefs ne sont que des serviteurs de confiance, ils ne gouvernent pas.
  3. La seule condition requise pour l’adhésion à W.A. est le désir d'arrêter de travailler compulsivement.
  4. Chaque groupe devrait être autonome sauf sur les points qui touchent d'autres groupes ou W.A. dans son ensemble.
  5. Chaque groupe n'a qu'un but primordial, transmettre son message au travailleur compulsif qui souffre encore.
  6. Un groupe W.A. ne doit jamais endosser, financer ou prêter le nom de W.A. à des groupements connexes ou des organisations étrangères, de peur que des soucis d'argent, de propriété ou de prestige ne nous distraient de notre but premier.
  7. Chaque groupe W.A. devrait subvenir entièrement à ses besoins et refuser les contributions de l'extérieur.
  8. W.A. devrait toujours demeurer non professionnel, mais nos centres de service peuvent engager des employés qualifiés.
  9. W.A. comme tel, ne devrait jamais être organisé, néanmoins nous pouvons constituer des conseils ou des comités de service directement responsables envers ceux qu'ils servent.
  10. W.A. n'exprime aucune opinion sur des sujets étrangers, par conséquent le nom des W.A. ne doit jamais être mêlé à des controverses publiques.
  11. La politique de nos relations publiques est basée sur l'attrait plutôt que sur la réclame, nous devons toujours garder l'anonymat personnel au niveau de la presse, de la radio et du cinéma.
  12. L'anonymat est la base spirituelle de toutes nos traditions et nous rappelle toujours de placer les principes au-dessus des personnalités.

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Les Outils et les Principes du Rétablissement 

Les réunions

Nous assistons aux réunions de W.A. pour apprendre comment fonctionne la fraternité, pour nous rappeler le chemin parcouru dans le rétablissement, et pour partager notre expérience, notre force et notre espoir avec d'autres membres W.A.

Téléphone et Internet

Nous cherchons à rester en contact avec d'autres membres W.A. entre les réunions pour un soutien mutuel, en particulier avant et après des tâches critiques.

Le parrainage/marrainage

Nous trouvons un membre W.A. engagé dans l’abstinence du travail compulsif, pour nous aider à travailler les Étapes, les Traditions et les Outils. Les parrains/marraines nous accompagnent au cours du processus de rétablissement aux trois niveaux: physique, émotionnel et spirituel. Un membre peut travailler avec plus d'un parrain ou d’une marraine et peut choisir de changer de parrain/marraine. Devenir parrain/marraine est une façon de transmettre le message et de mettre en pratique la 12e étape et les principes du programme. Nous demandons à être parrainés/marrainés afin de pouvoir bénéficier de l'expérience de quelqu'un qui est arrivé là où nous voulons aller. W.A. est un programme d'attrait, alors nous trouvons un parrain/une marraine dont le rétablissement nous inspire et nous suivons son exemple. Un accord de coparrainage/comarrainage est parfois l'approche la plus pratique ou souhaitable : de nombreux travailleurs compulsifs ont démarré ou approfondi leur rétablissement de cette manière.

Les publications

La lecture quotidienne des publications W.A. nous révèle la vérité à notre sujet et élargit nos horizons. Nous y trouvons des informations, de l'inspiration et de l'espoir. Ces textes sont accessibles quand les membres W.A. ne le sont pas. De plus, ils fournissent un panorama des connaissances sur le rétablissement à partir de sources multiples. Nous étudions également les publications des A.A. et d’autres programmes en Douze Étapes pour renforcer notre compréhension de la maladie compulsive. Nous pouvons nous reconnaître dans de nombreuses situations décrites en remplaçant le nom des substances et comportements mentionnés par des termes comme « travail compulsif ».

La prière et la méditation

Nous pouvons installer au quotidien la pratique de la méditation, avant même d'arriver à la Onzième Étape. Avant d'accepter de nouveaux engagements, nous demandons à une Puissance supérieure de nous éclairer. Pour beaucoup d'entre nous, être immobile et s’asseoir calmement peut être difficile et douloureux au début. La pratique du lâcher prise face au discours continu dans notre tête peut cependant mener progressivement à une tranquillité d'esprit. Cette sérénité est un contraste apaisant et thérapeutique comparativement à l'intensité recherchée par notre activité compulsive et notre inquiétude constante. La méditation permet de nous couper des peurs et des ressentiments qui alimentent la procrastination et le workaholisme. Régénérés, nous sommes en mesure de revenir à notre vie quotidienne de façon équilibrée.

L'écriture

Tenir un journal sert à clarifier nos pensées et nous aide à trouver l’origine des sentiments qui se cachent derrière notre travail compulsif. Comme la lecture et la méditation, mettre nos idées sur papier peut être une alternative quand il n’y a pas de membre W.A. disponible pour nous écouter. En outre, nous pouvons nous exprimer plus librement si nous n'avons pas à tenir compte d’un auditeur. Parfois, le simple fait de noter des idées ou des souvenirs qui nous semblent importants peut nous aider à calmer notre esprit en nous assurant qu’ils ne seront pas oubliés et que nous pourrons y revenir à tout moment. Les écrits peuvent aussi être partagés avec d'autres membres si nous le désirons.

Objectifs Optimaux et Objectifs de Base

Pour plusieurs travailleurs compulsifs, l'abstinence signifie bien plus que d’être soulagés de l'activité et du travail compulsifs au niveau physique. Elle signifie également une attitude qui résulte de l'abandon à quelque chose de plus grand que soi. Nous ne nous contentons pas d'éviter le travail, en prenant le manque d'activité pour du rétablissement. Nous aspirons à nous libérer de la pensée et de l'inquiétude compulsives. Chacun de nous est libre de déterminer sa manière d'être abstinent en fonction de ses préférences et besoins personnels. Les Objectifs optimaux représentent nos objectifs et nos visions, et les Objectifs de base définissent le seuil au-delà duquel nous passons de l'abstinence à la dépendance au travail. Nous travaillons avec un parrain/une marraine pour établir cette frontière et un comportement qui correspond à chaque objectif de base. Pour plus d'informations sur la définition des Objectifs optimaux et Objectifs de base, consultez le dépliant L’abstinence dans Workaholiques Anonymes: les Objectifs Optimaux et les Objectifs de Base, qui est reproduit dans la section « Ressources supplémentaires » de ce livre.

(La traduction est en cours)

Le plan d’action

Chaque jour, nous mettons sur papier ce que nous avons l'intention de faire. Nous demeurons conscients de la façon dont nous employons notre temps, pour nous assurer d’être en mesure de prendre soin de notre corps avec une alimentation saine, de l’exercice approprié et un sommeil suffisant. Nous réservons des espaces dans notre horaire pour le rétablissement, les loisirs et les relations, en plus du travail et des autres activités. Cela nous aide à développer un mode de vie plus sain et plus équilibré, en autant que nous nous engagions également à faire une chose à la fois et à nous fixer un rythme raisonnable. Notre conscience aiguisée nous aidera à surmonter tout déni qui subsiste. Si nous avons du mal à respecter nos objectifs, les partager avec un autre membre W.A. nous donne l'occasion d'exprimer des sentiments qui sont souvent à l'origine de notre comportement compulsif. Si nécessaire, nous demandons conseil pour déterminer quelles choses sont à faire en premier. Ce peut être : ne rien faire. Nous nous efforçons de rester flexibles face aux événements, réorganisant nos priorités au besoin. Nous n'entassons pas de nouvelles tâches dans notre horaire; nous en substituons plutôt, à des activités qui demandent l’énergie et le temps équivalents. Nous planifions plus de temps qu’il n’en faut, nous allouant ainsi un délai suffisant pour faire face aux imprévus. Nous considérons les interruptions et les incidents comme des occasions de croissance.

Nous réalisons que nous sommes là où l’a prévu notre Puissance supérieure, dans l’ici et maintenant.

Le repos et la détente

Nous travaillons à un rythme confortable et nous reposons avant d’être fatigués. Nous vérifions notre niveau d'énergie avant de passer à l’activité suivante. Nous évitons d’être tendus et n'avons donc pas à nous détendre. Nous ne cédons pas à la pression des autres et ne faisons pas pression sur eux. Nous restons attentifs aux personnes et aux situations qui déclenchent des sensations de stress. Nous prenons conscience de nos propres actions, paroles et sensations corporelles. Lorsque nous sentons l'énergie monter, nous nous arrêtons et nous reconnectons à une Puissance supérieure. En réservant du temps pour des pauses et des moments sans but ni structure, nous apprenons qu'il y a plus dans la vie que ce que nous avions expérimenté en tant que travailleurs compulsifs actifs. Nous nous permettons de nous amuser et de jouer sans en faire un projet de travail. Nous exerçons notre sens de l'humour et rions du côté comique des situations embarrassantes. Nous nous permettons de profiter du moment présent plutôt que d’aspirer à l’épanouissement dans un avenir lointain.

Le service

Dans l’esprit de la Douzième Étape, nous offrons de l'aide à d’autres travailleurs compulsifs, sachant que cette aide améliore notre propre rétablissement et favorise un sentiment de gratitude pour ce que nous avons appris et pour le chemin parcouru. Il peut être bon de prendre une petite pause de tout engagement bénévole nouveau ou important au début de notre rétablissement, si cette activité fait partie de notre compulsion. Nous pouvons cependant contribuer encore à W.A. de plusieurs façons. Par exemple, nous rendons service en écoutant attentivement les membres W.A. quand ils partagent, en nous proposant pour lire ou pour chronométrer les partages aux réunions W.A., et en donnant notre contribution conformément à la Septième Tradition.

Les principes

Nous acceptons les résultats de nos efforts – quels que soient ces résultats, quel que soit le moment. Nous savons que l'impatience, la précipitation et l'obstination pour obtenir un résultat parfait ne feront que ralentir tout progrès. Nous faisons preuve de douceur dans nos efforts, sachant que notre nouveau mode de vie demande beaucoup de pratique et que faire de notre mieux suffit pour l’instant. Nous admettons sans ambages nos faiblesses et nos erreurs. Nous nous rendons compte que nous n'avons pas à tout faire nous-mêmes. Nous prions et demandons de l'aide, en déléguant quand nous en avons besoin. Nous pardonnons aux autres et à nous-mêmes de ne pas être à la hauteur de nos idéaux. Nous gardons confidentiel ce que les membres W.A. partagent avec nous. Nous respectons l’anonymat de chacun afin de favoriser la liberté d’expression et d’empêcher le commérage et ses effets négatifs. Nous garantissons aux workaholiques un lieu sécurisant pour se rétablir. Nous traitons les autres comme nous souhaitons être traités. Si nous sommes tout à fait honnêtes envers nous-mêmes et qu'ensemble nous appliquons les Étapes, les Traditions, les Outils et les Principes dans nos vies, nous commencerons bientôt à recevoir les cadeaux de la santé mentale et de l'équilibre.

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Les Promesses des Workaholiques Anonymes

  1. Nous ne sommes plus obsédés par le travail ni paralysés par l'aversion du travail.
  2. La recherche d'adrénaline perd son emprise sur nous. L'inquiétude et l'anxiété excessives deviennent choses du passé.
  3. Nous avons un plan d'action quotidien et réaliste qui tient compte du temps aussi bien que des priorités telles que le rétablissement, les loisirs et les relations.
  4. La peur de manquer de temps, d'argent ou d'amour disparaît.
  5. Nous apprenons à jouer et à nous amuser ensemble.
  6. Nous réparons les relations brisées et en construisons de nouvelles.
  7. Nous retrouvons la santé et la capacité à prendre soin de nous-mêmes.
  8. L’intérêt personnel et le gonflement de l’ego ne sont plus les moteurs de nos décisions.
  9. Nous perdons tout intérêt pour les choses égoïstes. Notre intérêt et notre compassion augmentent pour notre conjoint, notre famille, nos amis, nos collègues.
  10. Nous remarquons à quel point le programme nous aide à gérer des problèmes qui auparavant nous déroutaient et nous dépassaient.
  11. Nous demandons de l’aide et venons en aide aux autres.
  12. Nous constatons que notre Puissance supérieure nous aide comme jamais nos propres forces n’ont pu le faire.

Est-ce que ce sont là des promesses exagérées ? Nous pensons que non. Elles se réalisent déjà dans la vie de plusieurs parmi nous. Pour ceux d’entre vous qui sont nouveaux dans notre fraternité, aucun problème que vous avez rencontré ne nous est étranger. Nous vous accueillons avec le plus grand respect. Quand nous appliquons ce programme avec honnêteté et compassion, un espace de sérénité grandit en nous un jour à la fois.

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